Côte d’Ivoire: des sociétés d’agrobusiness dans le collimateur des autorités

Culture en Côte d’Ivoire.
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Arnaque nationale, simple grivèlerie financière ou système économique ultra-rentable ? Difficile de se faire une idée pour le moment, mais ce qui est certain, c'est que l'agrobusiness en Côte d'Ivoire fait couler beaucoup d'encre en ce moment. Au cœur de la tourmente, des sociétés commerciales qui proposent à des souscripteurs un confortable retour sur investissement dans l'exploitation agricole.

Avec des taux d'intérêt de 100 % ou 200 % de retour sur investissement, les sociétés d'agrobusiness se sont fait très vite une clientèle d'initiés. Sur le papier, le système est assez simple : le particulier prête son épargne pour exploiter des surfaces en culture maraichère ou en plantations d'hévéas, par exemple. Faisant valoir des techniques modernes et des ventes de récolte financièrement plus rentables à l'export, les sociétés d'agrobusiness promettent à leurs préteurs des retours sur investissement juteux.

Tellement juteux que les autorités ivoiriennes sont interpellées et qu'un rapport diligenté par le ministère de l'Economie et des finances affirme qu'il ne s'agirait ni plus ni moins que d'un système dit de « cavalerie » où la société rembourse les prêts des premiers souscripteurs avec l'argent des suivants. Mais pour les associations de souscripteurs, l'Etat en décidant de geler les comptes des structures d'agrobusiness outrepasse ses droits et surtout bloque une mécanique dont, jusqu'ici, aucun souscripteur n’avait eu à se plaindre.

Les sommes en jeu sont conséquentes. Le rapport évoque un total de 25 milliards de francs CFA (38 millions d'euros) avancés par les souscripteurs. Ces derniers exigent le dégel des comptes des entreprises et la relaxe des dirigeants arrêtés. Des demandes pour le moment restées sans effet. Demeurent aussi quelques interrogations : comment des sociétés ayant pignon sur rue - si elles sont réellement véreuses - ont-elles pu prospérer pendant près de dix ans en Côte d'Ivoire sans que les autorités ne s'en soucient jusqu'ici ?