Crise migratoire: les Libyens sceptiques sur le plan de l’UE

Le centre de détention pour migrants d'Abu Salim à Tripoli (photo d'archives).
© ©Abel Kavanagh/UNSMIL

L'Union européenne craint une nouvelle crise migratoire et se prépare donc à la contrer. La semaine dernière à Malte, les Européens ont annoncé un plan qui prévoit de garder les migrants dans des camps en Libye jusqu'à ce que l'on statue sur leur situation. Jusqu'à ce qu'ils soient renvoyés chez eux s'ils ne peuvent obtenir le droit d'asile. Mais pour les élus locaux libyens, qui sont actuellement en formation auprès de l'UE, à Bruxelles, cela n'est pas envisageable.

Avec notre correspondante à Bruxelles, Laxmi Lota

Les maires libyens disent avoir déjà suffisamment à faire dans un pays toujours en crise politique. Ibrahim Aribi est conseiller municipal à la mairie de Tripoli où vivent plus de 7 000 réfugiés. Pour lui, le plan européen n'est vraiment pas une bonne idée. « Je ne suis pas d'accord avec ce plan, explique-t-il. Le flux de migrants en Europe va baisser, oui, mais cela signifie aussi que c'est en Libye que ces personnes vont rester et cela va encore accroître nos problèmes. C'est déjà compliqué chez nous. Si tous ces réfugiés ne peuvent plus traverser la Méditerranée et s'ils doivent rester chez nous, cela ne fera qu'empirer notre situation. »

Il y a un manque de moyens, déplore le maire de Zentan : la Libye ne pourra pas contenir sur son territoire une arrivée massive de migrants. « A Zentan, on a plus de 20 000 migrants. Ils vivent dans des conditions très difficiles, parce que nous n'avons pas assez d'argent pour prendre soin d'eux, pas assez de nourriture, de médicaments. La situation humanitaire est catastrophique », commente Mustafa Albarouni.

Hors de question pour ces élus locaux de porter le fardeau tout seuls. Ils pourront apporter une aide humanitaire, disent-ils, mais pas régler une nouvelle crise migratoire.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.