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RDC

RDC: nouvelles violences entre Pygmées et Bantous dans le Tanganyika

Malgré une accord de paix en décembre dernier, les violences ont repris entre Pygmées et Lubas (ici, un palmier de la paix planté par d'anciens chefs de milices des deux peuples).
© Sonia Rolley/RFI

Une nouvelle flambée de violences dans la province de Tanganyika, dans le sud-est de la RDC. Dimanche 5 février, des miliciens bantous ont attaqué le village pygmée de Mondé dans le territoire de Kabalo. Depuis, la tension est remontée d'un cran entre ces deux communautés, Twa et Lubas. Aucun bilan définitif, mais des sources locales font état de 30 morts et d'une cinquantaine de blessés chez les Batwa à Mondé. Deux morts et neuf blessés chez les Lubas à Kabalo. Un accord pour enterrer la hache de guerre avait pourtant été signé en décembre dernier.

Dimanche matin, des groupes lubas, venus de Kabalo, attaquent le village pygmée de Mondé, situé 18 km plus au sud. La raison ? Plusieurs sources pointent la visite d'un élu de Kabalo la veille, dans le cadre d’une opération de sensibilisation à la cohabitation pacifique entre les communautés.

Visite au cours de laquelle de l'argent aurait été remis aux Pygmées de Mondé, provoquant la colère des voisins lubas. Depuis, quatre attaques auraient visé Mondé, entrainant des représailles.

Demande de protection et de soins

Charles Apanza, un responsable de la communauté pygmée sur place, dénonce un bilan très lourd : 30 morts et une cinquantaine de blessés. Ainsi qu'un manque de protection et de médicaments sur place. « Pas même un comprimé, même une injection. Il y a beaucoup de blessés, déplore-t-il. C’est pour ça que je demande des médicaments pour soigner et une force militaire des pays étrangers. »

Une force militaire étrangère, c’est-à-dire la mission de l'ONU au Congo. La seule, selon les Batwa (Pygmées), capable de les protéger. Car les Pygmées accusent les autorités et l'armée congolaise d'être de connivence avec les Bantous (Lubas).

« Faux », répond le gouverneur de la province, Richard Ngoyi Kitamala. Il assure prendre soin de tout le monde. « Qu’ils soient pygmées ou bantous, ce sont des citoyens congolais. Nous sécurisons tout le monde. Tout ce que nous leur demandons, c’est de se calmer. Tous sont des citoyens de la province de Tanganyika. »

Manipulations politiques ?

Plusieurs sources accusent en fait des personnalités politiques d'être derrière ces conflits communautaires et de manipuler les groupes bantous et pygmées à des fins politiques. Dans le but de déstabiliser Kinshasa et le président en place ou, au contraire, de défendre les intérêts du pouvoir.

Jusqu'en mi-janvier, la mission de l'ONU au Congo avait déployé 20 casques bleus à Kabalo. Une base temporaire fermée il y a 15 jours, suite à la signature d'un accord de paix entre Twa et Lubas en décembre dernier.

A (re)lire → RDC: lourd bilan des affrontements entre Pygmées et Bantous au Tanganyika

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