Une religieuse catholique colombienne enlevée dans le sud du Mali

Koutiala est une ville de l'est du Mali, à quelques kilomètres de la frontière avec le Burkina Faso (capture d'écran Google Map)
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Une religieuse colombienne a été enlevée par des hommes en armes près de Koutiala, dans la région de Sikasso, dans la nuit de mardi à mercredi 8 février. La zone, jusque là épargnée par le terrorisme, se situe près la frontière avec le Burkina Faso, à plus de 300 kilomètres à l'est de Bamako.

Il n'est pas encore 22 heures lorsque les ravisseurs font irruption au sein de la communauté des soeurs franciscaines de Karangasso. Selon le ministère malien de la Sécurité, les quatre hommes, armés, de peau noire, « se proclament jihadistes ».

« Des individus sont arrivés en début de nuit dans la communauté des Sœurs franciscaines, ont cassé la porte de leur maison, se sont introduits et sont repartis avec quelques biens matériels, notamment informatiques, (et) une des religieuses de la communauté », témoigne l'abbé Edmond Dembélé, secrétaire général de la Conférence épiscopale au Mali. Ils réclament d'abord de l'argent, puis se font remettre les clefs de l'ambulance de la mission catholique.

C'est à bord de ce véhicule qu'ils repartent, emmenant une religieuse de nationalité colombienne. Environ cinq kilomètres après la sortie du village, les ravisseurs abandonnent le véhicule volé et repartent à moto en direction de la frontière avec le Burkina Faso, toute proche. « Ils sont partis d’abord avec la voiture de la communauté jusqu’au bord du goudron et à partir de là, ils ont laissé le véhicule et sont partis avec la religieuse, certainement à moto. Il semblerait qu’il n’y ait pas eu de coups de feu, mais cela reste à vérifier », explique le dignitaire.

Le secrétaire général de la Conférence épiscopale au Mali a aussi précisé qu'il n'y avait pour l'heure aucune revendication de la part des ravisseurs. Deux suspects ont été arrêtés puis interrogés par les forces maliennes de sécurité qui n'ont, pour le moment, pas sollicité le soutien de la Mission des Nations unies ni de la force française Barkhane, absents de cette zone jusqu'ici épargnée par les attaques terroristes. La gendarmerie et la Garde nationale continuent de quadriller la zone dans l'espoir de retrouver la religieuse colombienne et ses ravisseurs.

La sœur colombienne, âgée d'une cinquantaine d'années, venait en aide aux habitants de Karangasso, près de Koutiala, depuis près de dix ans.