Afrique du Sud: des manifestations la veille du discours à la nation de Zuma

Jacob Zuma doit prononcer son discours à la nation ce jeudi 9 février devant le Parlement dans la ville du Cap (photo d'archives).
© (Photo : Reuters)

En Afrique du Sud, le chef de l'Etat Jacob Zuma doit prononcer son discours à la nation ce jeudi 9 février devant le Parlement dans la ville du Cap, un discours très attendu qui se fait sur fond de mécontentement grandissant dans le pays. Jamais le chef de l'Etat n'a été aussi contesté, y compris au sein de son propre parti. Mercredi 8 février, plusieurs centaines de manifestants se sont réunis à proximité du Parlement pour manifester leur colère. Reportage au Cap.

A quelques pas du Parlement, la contestation gronde. Margareth, la soixantaine, est venue avec des femmes de Khayelitsha, l'un des plus gros townships du pays ravagé par le chômage et la drogue. « Je suis ici pour mon pays, confie-t-elle, pour mes enfants et mes petits-enfants. Nous essayons de sauver le pays avant qu'il ne soit trop tard, le sauver de l'ANC, du président Jacob Zuma. Tous sont corrompus. Ici, il n'y a pas de travail, les enfants vont à l'école, passent des diplômes et ne trouvent jamais d'emploi. Il faut que ça change. »

L'emploi est la plus importante préoccupation des jeunes d'aujourd'hui : officiellement le taux de chômage est de 26%, le double chez les jeunes. Melikhaya est sans emploi depuis plus de 5 ans malgré un diplôme universitaire : « Les jeunes sont vraiment en colère, car le gouvernement au lieu de prendre ses responsabilités, les a abdiqués. Le chômage, les inégalités, sont en hausse, nos centres de santé sont en mauvais état. Notre économie stagne. Tout s'empire. »

Dans un coin, Sipho, retraité, a lui parcouru 700 km et compte bien manifester devant le Parlement. « Ce qui m'a fait venir de Port Elizabeth jusqu'ici, c'est de voir notre pays se casser la figure, à cause de Jacob Zuma. Nous allons tout perdre à cause de lui. Il est corrompu. Regardez sa maison Nkandla. Toute sa famille est millionnaire, il n'est là que pour son intérêt personnel », raconte-t-il.

Cette semaine, le gouvernement a annoncé le déploiement de plus de 400 soldats dans la ville pour aider la police. Une mesure qui exacerbée la colère des manifestants.