Un groupe jihadiste tente de s'implanter au Burkina Faso

Les douze soldats tués il y a quelques jours à Nassoumbou ont été décorés à titre posthume de la médaille d'honneur militaire, le 20 décembre à Ouagadougou.
© Ahmed OUOBA / AFP

Ibrahim Malam Dicko, qui avait revendiqué l'attentat contre un détachement militaire en décembre dernier à Nassoumbou, souhaite implanter son mouvement armé en territoire burkinabè. Un groupe baptisé Ansaroul Islam. L'homme est devenu l'ennemi numéro un des autorités burkinabè. Les autorités redoutent de plus en plus un scénario de grignotage du territoire par les jihadistes, sur le modèle de ce qu'ont fait leurs homologues maliens dans le nord du pays.

Ibrahim Malam Dicko va-t-il réussir à implanter Ansaroul Islam, son groupe radical, en territoire burkinabè ? C'est la question qui hante les habitants de la ville de Djibo et qui donne des sueurs froides aux autorités.

Jusqu'à présent, ses hommes opéraient depuis le territoire malien. Mais depuis l'attaque de Nassoumbou en décembre dernier, qui a coûté la vie à douze gendarmes, les apparitions de jihadistes se multiplient dans la province de Soum. Leur rapidité ne peut s'expliquer que par une implantation locale, affirme un connaisseur de la région de Djibo. C'est de cette région qu'est originaire le chef d'Ansarul Islam, Ibrahim Malam Dicko. Il a prêché quelques années à Djibo, avant de se rendre auprès du prédicateur malien Hamadou Kouffa. C'est au contact de cet homme, qui aurait fondé le Front de libération du Macina, que Malam Dicko s'est radicalisé. De retour à Djibo, il aurait rassemblé un groupe de fidèles passés rapidement à la lutte armée.

Depuis janvier les expéditions punitives et les menaces contre les populations se répandent. Au point, confiait récemment le ministre de l'Enseignement, que les habitants refusent de collaborer avec les autorités.