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Madagascar

Madagascar: fortes tensions autour des pannes de courant

Les réponses apportées par la Jirama, compagnie d'électricité et d'eau de Madagascar, aux pannes de courant, ne satisfont pas les consommateurs
© DR.

Depuis samedi 4 février, la commune d'Itaosy, qui jouxte la capitale Antananarivo, est sans électricité en raison d'une panne de transformateur. Après plusieurs réclamations auprès de la Jirama, la compagnie d'eau et d'électricité de Madagascar, qui sont restées sans réponse, la population est descendue dans la rue, mercredi 8 février. Une manifestation improvisée qui aurait pu tourner à la révolte : depuis plusieurs semaines, les coupures de courant sont récurrentes, surtout dans les quartiers les plus pauvres de la capitale.

Vers 18 h, mercredi soir, une cinquantaine d'habitants d'Itaosy réclament la réparation d'un transformateur électrique, en panne depuis samedi. La manifestation prend rapidement de l'ampleur. Barricades, jets de pierre : plusieurs centaines de personnes rejoignent le mouvement, et l'émeute est évitée de peu.

 « La foule était enragée, témoigne Richard, un commerçant qui a assisté à la scène. Elle a voulu mettre le feu au transformateur. » Un autre témoin, Fabrice, raconte : « Ils ont brûlé les pneux, et ils ont dit aux forces de l'ordre : "C'est la Jirama qu'on veut, pas la police" ».

Il revient sur le déroulé des événements : « Quand la police est partie, certains manifestants ont voulu saccager le supermarché. La police est revenue avec des renforts et la Jirama. Les techniciens de la Jirama ont rétabli l'electricité. »

Rester « calme » et « patient », demande la Jirama

La panne a été réparée vers 21 h, la foule s'est dispersée dans le calme, mais l'exaspération demeure. « Même s'il y a tout le temps du délestage, on paye toujours la facture. Et quand on ne paye pas, la Jirama coupe l'électricité, explique un poissonnier. On ne peut pas stocker beaucoup de poisson parce que lorsqu'il y a du délestage, il pourrit. J'ai déjà perdu beaucoup de poisson. »

L'homme comprend la colère des habitants. A cause du délestage, il ne vend que deux tonnes de poisson par semaine, contre cinq tonnes habituellement lorsque le courant fonctionne normalement. « Parfois je revends le poisson périmé à des gens, quelque fois je le jette », reconnait le commerçant.

Contactée plusieurs fois par téléphone, la Jirama n'a pas répondu à nos questions. Dans un communiqué, la compagnie malgache d'eau et d'électricité a justifié l'amplication du délestage par l'absence de pluie à Andekaleka, village où se situe la centrale hydroélectrique qui alimente la moitié du réseau interconnecté de la capitale. La Jirama appelle également ses clients à rester « calmes, patients et à ne prendre part à aucune forme de vandalisme ».

Sécheresse, manque d'approvisionnement en carburant, les explications du gouvernement et de la société d'eau et d'électricité ne suffisent pas à calmer les consommateurs, qui continuent de payer la facture malgré des coupures qui peuvent durer plusieurs heures.

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