Côte d'Ivoire: les six journalistes inculpés, mais libérés

La justice reproche aux journalistes d'avoir écrit qu'un accord financier avait été trouvé entre le gouvernement et les forces spéciales, suite à la mutinerie d'Adiaké la semaine dernière.
© REUTERS/Luc Gnago

Après deux jours et demi d'incarcération, les six journalistes et directeurs de publication ivoiriens ont été libérés ce mardi 14 février en fin de journée. Mais ils sont toujours inculpés. Une information judiciaire pour « propagation de fausses nouvelles susceptibles d'inciter des soldats à la révolte » a été ouverte à l'encontre de ces directeurs de publication et rédacteurs de L'Inter, Soir Info, Notre Voie et Le Temps, des titres indépendants et d'opposition. La justice leur reproche d'avoir écrit qu'un accord financier avait été trouvé entre le gouvernement et les forces spéciales, suite à la mutinerie d'Adiaké la semaine dernière.

Après deux jours et demi d'attente et d'inquiétude, ce sont des cris de joie qui ont finalement résonné devant le palais de justice d'Abidjan. Plusieurs dizaines de journalistes étaient là pour accueillir leurs confrères tout juste libérés, fatigués, mais soulagés.

Vamara Coulibaly est le directeur de publication du groupe Olympe, détenteur de Soir Info et L'Inter. « Après trois jours, j’avoue que je suis heureux. Je suis heureux d’avoir été remis en liberté, a-t-il réagi. Il faut dire que nous avons souvent douté, mais la mobilisation des journalistes ivoiriens a dû jouer beaucoup dans ce qui s’est passé ».

Une mobilisation qui va continuer. Car les six journalistes ont été inculpés : Vamara Coulibaly, Yacouba Gbané et Franck Bamba Mamadou, respectivement directeurs des quotidiens ivoiriens L'Inter et Soir Info (indépendants), du Temps (opposition) et de Notre Voie (opposition), ainsi que leurs collaborateurs Hamadou Ziao (rédacteur en chef de L'Inter), Jean Bédel Gnago (Soir info) et Ferdinand Bailly (Le temps),

Ils ont été présentés à un juge et sont poursuivis pour propagation de fausses nouvelles, atteinte à la sûreté de l'Etat et incitation à la révolte. Autant d'accusations qu'ils nient. « On a tous dit qu’on ne se reconnaissait pas dans ce qui a été dit. Nous avons fait notre travail : celui d’informer », souligne Vamara Coulibaly.

Les associations de journalistes exigent désormais l'abandon total des charges qui pèsent contre leurs confrères.

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