Madagascar lance une grande enquête sur la probité de ses services publics

A Antananarivo et dans le reste du pays, une grande collecte d'information a été lancée pour évaluer l'efficacité et la probité des services publics du pays.
© GIANLUIGI GUERCIA / AFP

A Madagascar, une immense collecte d'informations sur la corruption a lieu dans certains services publics de l'île qui ont acceptés d'être étudiés. Le but est de connaître l'efficacité et la probité réelle de l'administration malgache, pour ensuite émettre des recommandations et faire le suivi du changement, sur plusieurs années. A l'origine de cette initiative, le mouvement Rohy, une plateforme de la société civile, qui entend faire changer les mentalités, des fonctionnaires mais aussi des usagers.

Service de délivrance des passeports et des permis de conduire à Antananarivo ou encore douanes au port de Tamatave, depuis deux semaines, sept types de services publics sont évalués.

« Nous sommes en train d'évaluer les services publics, explique à RFI Faraniaina Ramarosaona, la coordinatrice des actions de lutte contre la corruption au mouvement Rohy. Nous allons poser des questions sur l'efficacité et l'intégrité de ces services publics aux usagers comme aux prestataires et à l'administration. »

Pour chaque service, un questionnaire a été élaboré. Thomas Razafindremaka est l'un des enquêteurs qui s'occupe d'interroger les chauffeurs de taxi brousse et les usagers de la RN7, dans le sud de l'île.

« Le type de question qu'on pose c'est : 'quels sont les cas de corruption auxquels vous assistez ou vous êtes victimes durant votre trajet ?' Ils nous répondent qu'il faut payer 5 000 ariary (1,5€) à chaque poste de police. Sinon, les policiers retirent les papiers du véhicule, raconte-t-il. Globalement, toutes les personnes que nous avons interrogées, que ce soit chauffeurs, douaniers, les usagers, la réponse, c'est : 'on ne peut rien faire contre la corruption, parce que si on dénonce, il y a des représailles."»

L'enquête dans l'île prendra fin dans une semaine. Viendra ensuite le temps de l'analyse des réponses. La nouveauté de ce projet c'est que la société civile s'engage à faire le suivi de l'application des recommandations émises, sur le terrain et sur plusieurs années.

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