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RDC

RDC: affrontements entre la secte Bundu dia Kongo et la police à Kinshasa

La Croix-Rouge congolaise et internationale a fini par avoir accès à la résidence de Muanda Nsemi à Joli Park pour évacuer les blessés en début d'après-midi, mardi 14 février.
© RFI / Sonia Rolley

L’assaut des forces de sécurité congolaises contre plusieurs sites appartenant au leader religieux de Bundu dia Kongo, Ne Muanda Nsemi, ont fait ce mardi 14 février au moins trois morts et une trentaine de blessés. Un calme précaire régnait encore à la tombée de la nuit mais les blessés les plus garves ont finalement été évacués par la Croix rouge.

Aucun bilan officiel n’a encore été communiqué. Mais dans la résidence du leader des Bundu dia Kongo à Joli Park, trois corps gisaient à la mi-journée dans une pièce sombre au milieu de blessés graves que des infirmiers adeptes de la secte tentaient de soigner. A l’étage, d’autres blessés, assis ou couchés, attendaient d’être évacués. Pendant ce temps, dans la cour, des dizaines de fidèles – vieux, femmes, enfants – continuaient de prier. La maison était pleine à craquer. A défaut du nouvel assaut annoncé, les autorités ont finalement donné leur feu vert à la Croix-Rouge pour intervenir et évacuer ceux qui nécessitaient des soins immédiats.

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Mais les tensions restaient fortes. La résidence était toujours assiégée par les forces de sécurité et les principaux axes d’accès étaient bouclés par la police. Les adeptes de Muanda Nsemi, eux, érigeaient des barricades avec des pierres, des portes en fer et les véhicules brûlés dans la nuit.

Une partie de ces adeptes porte une sorte d’uniforme : bérets rouges, chemises vertes ou bleues. Ils montrent des bâtons, des lance-pierres, des cailloux et même des grains de maïs, assurant qu’ils n’ont pas d’autres armes. Pourtant la police affirme avoir trouvé cette nuit cinq armes de guerre dans un autre lieu de culte à Ngiri-Ngiri.

L'attaque a commencé lundi soir. Pour le gouvernement, c’est le refus de perquisition dans le cadre d’une information judiciaire sur les affrontements au Kongo central qui a entraîné l’assaut. Les adeptes de la secte politico-religieuse dénoncent un usage disproportionné de la force et une attaque injustifiée.

Les voisins de la résidence, eux, suivent avec anxiété les événements. Ils ne comprennent pas bien ce que font les membres de la secte et quelles sont leurs revendications. L’un d’eux explique que ces militants arrêtaient parfois les véhicules et disaient à leurs occupants qu’ils exigeaient le départ de Joseph Kabila et de tous les étrangers du Congo.

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