En Algérie, Emmanuel Macron dénonce la colonisation, colère à droite

Emmanuel Macron, le candidat d'En Marche ! à Alger, le 13 février 2017.
© REUTERS/Ramzi Boudina.

Lors d'une interview à une télévision privée algérienne, l'ancien ministre français Emmanuel Macron a déclaré que la colonisation était « un crime contre l'humanité » et que la France devait présenter des excuses. Un discours bien plus marqué que celui où il estimait qu'il y avait des « éléments de civilisation » dans la colonisation. La droite et le Front national l’ont immédiatement accusé de dénigrer la France.

En 2012, lors de son voyage à Alger, François Hollande annonçait « un nouvel âge » entre la France et l'Algérie. Il voulait parler de « vérité », mais refusait de « faire repentance » ou de « présenter des excuses ». Au cours du mandat, il y a pourtant des gestes symboliques, comme la visite du secrétaire d'Etat aux Anciens combattants pour la commémoration des massacres de Sétif en 1945.

Mais la déclaration d’Emmanuel Macron à la télévision algérienne Chourouk Tv va beaucoup plus loin. « La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes », a-t-il affirmé.

Pour Emmanuel Macron, « il y a eu des crimes terribles, il y a eu de la torture, il y a eu de la barbarie parce que la colonisation est un acte de domination et de non-reconnaissance de l’autonomie d’un peuple ». « Et en même temps, précise-t-il, je ne veux pas qu’on tombe, tout en reconnaissant ce crime, dans la culture de la culpabilisation sur laquelle on ne construit rien. »

Au mois de novembre, pourtant, dans une interview, Emmanuel Macron affirmait qu'il y avait des « éléments de civilisation » dans la colonisation. Lundi soir, à Alger, un jeune homme lui avait demandé des explications. Il avait rétorqué qu'il y avait eu de la souffrance des deux côtés, et que l'engagement qu'on lui demandait n'était pas un « engagement de campagne ». C'était à peine une heure avant l'enregistrement de l'émission.

Emoi à droite et à l'extrême droite

Ces propos ont provoqué une vague de réactions en France, des responsables de droite et d'extrême droite faisant part de leur « honte ». François Fillon les a notamment jugés « indignes d'un candidat à la présidence de la République ». Il a également fait huer son adversaire en meeting (écouter la bande sonore à la fin de cet article).

Le trésorier du Front national, Wallerand de Saint-Just, a pour sa part accusé le candidat d'En marche ! de « tirer dans le dos de la France ».

Lutte contre le terrorisme et développement des infrastructures

Mais dans son interview, le candidat à l'élection présidentielle a aussi exposé ce que seraient ses priorités en terme de politique africaine. Il veut repenser la stratégie africaine de la France. La priorité numéro un, pour lui, c'est la lutte contre le terrorisme sur le continent.

Il cite la situation au Mali, mais aussi l'organisation Etat islamique et Boko Haram et affirme qu'il faut sécuriser le continent, le stabiliser et éradiquer le terrorisme. Emmanuel Macron veut s'appuyer sur l'Algérie pour cela et renforcer les échanges de renseignements et la coopération sécuritaire.

Le deuxième volet de la politique africaine qu'il mettrait en place s'il était élu concerne les infrastructures. Objectif, selon lui, faire « respirer » le continent. Développer le transport, les routes, les autoroutes, mais aussi les infrastructures énergétiques. Il cite en exemple l'Algérie, qui pourrait, selon lui, être un partenaire stratégique dans l'énergie solaire.

Cette détestation de notre histoire, cette repentance permanente est indigne d'un candidat à la présidence de la République
Meeting de François Fillon, candidat Les Républicains à l'élection présidentielle, à Compiègne
16-02-2017 - Par Julien Chavanne