Maroc: des centaines de migrants entrent dans l’enclave espagnole de Ceuta

Des migrants ont passé ce vendredi matin 17 février la frontière maroco-espagnole à Ceuta. Le passage est périlleux aussi y a-t-il eu des blessés.
© REUTERS/Jesus Moron

Plusieurs centaines de migrants ont réussi à entrer dans Ceuta : cette enclave espagnole au Maroc. Des centaines de personnes ont franchi, ce vendredi, la barrière entourant la ville. Elles ont été prises en charge par la Croix-Rouge.

Les secouristes s'occupent actuellement de 400 personnes dans le centre de rétention de Ceuta. Cinq ambulances ont été mobilisées pour s'occuper des blessés. Le passage est très périlleux. La frontière entre le Maroc et cette petite enclave espagnole est marquée par une double barrière sur huit kilomètres : un mur et des barbelés de six mètres de haut. Il faut aussi échapper aux matraques et aux balles en caoutchouc tirées par les forces de l'ordre espagnoles.

Un bon nombre de migrants y ont laissé des morceaux de vêtements ou s'y sont écorché la peau, mais cela n'a pas entamé l'immense joie d'être enfin en Europe. Sur les premières images d'un journal local, on voit des jeunes gens, tous des hommes, danser dans la rue et hurler le mot « Liberté ». Tous peuvent maintenant déposer une demande d'asile.

Selon les secours, ils sont 500 à être entrés sur le territoire, mais tous ne sont pas passés. La presse explique qu'ils étaient 800 et 900 à tenter leur chance vers six heures ce vendredi matin. Et selon une journaliste locale, il y a également des blessés côté marocain, dont au moins une personne inconsciente. De son côté, la garde civile espagnole compte trois blessés.

Selon Amnesty international, il n'est pas rare que ces policiers espagnols repoussent les migrants vers le Maroc. Jonathan Millet a co-réalisé un documentaire sur la vie des migrants à Ceuta et il confirme.

« Ils sont nombreux à avoir tenté la traversée plusieurs fois et à s'être fait repousser par les forces espagnoles, rapporte-t-il. Alors tout le monde se renvoie un peu la balle, il y a eu des récits de gens qui se sont faits tirer dessus. Et donc les Espagnols racontent que ce sont les Marocains qui ont tiré ; les Marocains racontent que ce sont les Espagnols. On ne saura jamais la vérité, mais très clairement on a beaucoup entendu ce genre de récit. »

La pratique est pourtant totalement illégale, les policiers espagnols n'ont pas le droit de repousser les migrants. D'autant plus que les policiers marocains sont particulièrement durs avec les migrants. De nombreux témoignages évoquent des passages à tabac et des expulsions en plein désert entre le Maroc et l'Algérie.