RDC: le chef de la secte Bundu dia Kongo et des adeptes toujours encerclés

Une des résidences du leader de la secte Bundu dia Kongo, Muanda Nsemi, à Kinshasa, où il est cloîtré avec une centaine d'adeptes depuis le 14 février 2017.
© RFI/Sonia Rolley

Jeudi après-midi, la police congolaise encerclait toujours pour le troisième jour la résidence du chef spirituel d'une secte politico-religieuse. Depuis lundi, les autorités congolaises disent vouloir perquisitionner différents lieux liés à la secte Bundu dia Kongo et vouloir interroger son chef Ne Muanda Nsemi. En cause, selon les autorités, une série d'attaques meurtrières perpétrées par ce mouvement au Kongo-Central en janvier dernier. Originaire de cette région de l’ouest de la RDC et député de Kinshasa, Ne Muanda Nsemi a également appelé récemment sur internet à l'insurrection contre le pouvoir du président Joseph Kabila, à qui il dénie la nationalité congolaise.

Jeudi après-midi, des policiers en équipement anti-émeutes et kalachnikovs à la main bouclaient toujours les voies d'accès à la résidence de Ne Muanda Nsemi, le chef spirituel de Bundu dia Kongo. A l'intérieur du domicile, une centaine d'adeptes de cette secte politico-religieuse.

Pour le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, le problème qui oppose Bundu dia Kongo aux autorités est purement judiciaire. Aucune raison donc pour ces personnes - des vieux, des femmes et même des enfants - de rester cloîtrer dans cette maison. « Vous ne pouvez pas retenir des otages et chercher à négocier. Donc il faut laisser la perquisition s’opérer. Personne n’a décidé de l’arrêter jusqu’à présent à ma connaissance, mais il faut que la justice puisse opérer pour connaître la vérité sur ce qui s’est passé à Kimpese et à Songololo », affirme-t-il. 

En cause, selon les autorités, une série d'attaques meurtrières perpétrées par ce mouvement au Kongo-Central en janvier dernier.

Philémon Mavinga, chargé des questions juridiques au sein de Bundu dia Kongo, dénonce une chasse aux sorcières. « Ils ne viennent pas pour chercher quelque chose, ils sont en train de pourchasser les membres du parti Bundu di Mayala dans toute la province du Kongo-Central, assure-t-il. Au moment où je vous parle, nos membres dans la ville de Kinshasa sont en cavale. C’est tout simplement une méthode qui n’est pas tolérable dans un pays qui se dit Etat de droit et démocratique. »

Les cadres de Bundu dia Kongo ont demandé l'intervention de la Mission de l'ONU au Congo pour faire office de médiatrice dans ce qu'ils continuent de qualifier de « problème politique » avec le gouvernement. Jeudi, la Monusco n'avait pas encore répondu à cette demande.