Gabon: l'ex-PDG de La Poste livre sa vérité sur l'affaire

Un bureau de La Poste gabonaise à Libreville.
© AFP PHOTO/MARTIN VAN DER BELEN

L’affaire de La Poste défraie la chronique depuis des mois au Gabon. L'entreprise aurait accumulé un déficit d'environ 100 milliards de francs CFA. Ses nombreux clients ne peuvent par exemple plus accéder à leur épargne et certains avoirs des comptes courants sont gelés. On soupçonne des malversations. Depuis le début de l'année, des cadres ou anciens cadres de l'entreprise ont été entendus et pour certains écroués. Le nom d'Alfred Mabika, son ancien PDG qui vient de publier deux livres dont un consacré à La Poste, apparaît dans la procédure et certains ex-collaborateurs l'accusent. Après des mois sans s'exprimer, l'ex-ministre rompt le silence.

Alfred Mabika décrit une situation désastreuse à sa prise de fonction début 2007. Mais malgré son limogeage fin 2015, l'ancien PDG de La Poste estime avoir rempli ses objectifs. Selon lui, l'Etat serait responsable du gouffre financier actuel, en n'ayant pas versé les subventions et investissements promis. « Pendant près d’un an, les gens criaient "au diable", j’ai gardé le silence parce que je savais que c’était faux. L’Etat gabonais n’a pas versé les subventions. On a adressé mille et une lettres sans réaction. L’actionnaire principal est totalement défaillant », affirme-t-il.

Alfred Mabika s'interroge aussi sur de possibles malversations. Il cite notamment le Premier ministre Emmanuel Issozé-Ngondet et le ministre de la Communication Alain-Claude Bilie Bi Nze. Ce dernier nie tout détournement. « Je m’attendais à tout, sauf à ce que M. Mabika aille tomber si bas, réagit-il. Je ne vois pas en quoi le Premier ministre actuel ou moi serions responsables du trou de 100 milliards. C’est tellement ridicule et il me semble important que celui qui était le PDG de La Poste puisse répondre devant la justice gabonaise plutôt que de chercher de fausses accusations à essayer de noyer ses responsabilités. »

Mais l'ancien PDG ne semble pas prêt à répondre à une convocation de la justice. « Dans un pays normal, il est du devoir de tout le monde d’y aller, mais dans une justice où l’on est jugé d’avance, je ne crois pas que ce soit profitable pour un pays », estime-t-il.

Le gouvernement explique qu'aujourd'hui les salaires des postiers sont payés et qu'un plan de réorganisation est en attente d'adoption. Il promet qu'au final les épargnants ne perdront pas leur argent.

A (RE)LIRE → Les difficultés de la Poste Bank au Gabon impactent ses 400 000 clients

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.