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Mali

Installation des autorités intérimaires à Kidal: la CMA fait volte-face

Des soldats de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) à Kidal, le 28 mars 2016 lors d'un Forum pour la réconciliation.
© AFP

Les autorités intérimaires devaient être installées dans le nord du Mali à partir de ce samedi 18 février, en commençant par la ville symbole de Kidal. Ces autorités sont censées rétablir l'autorité de l'Etat jusqu'à l'organisation d'élections. Mais les ex-rebelles qui contrôlent encore la ville ont changé d'avis à la dernière minute.

Désillusion ce matin à l'aéroport de Bamako, beaucoup d'amertume aussi. Ambassadeurs, représentant de l'ONU et de la médiation internationale, tout le monde était prêt à embarquer pour Kidal.

Mais les ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l'Azawad, la CMA, se sont finalement opposés à la venue de la délégation. Tout était pourtant prévu pour que l'installation de ces premières autorités intérimaires soit un symbole. D'abord le lieu, Kidal, à l'extrême nord du Mali, fief des ex-rebelles qui se sont battus pour l'indépendance de cette partie du pays qu'ils appellent l'Azawad.

Un des organisateurs explique que le drapeau du Mali était dans les bagages, prêt à être hissé de nouveau sur la ville de Kidal. Trente minutes après le début d’une réunion de crise improvisée dans un des salons VIP de l'aéroport, le couperet tombe, il n'y aura pas d'autorités intérimaires installées aujourd'hui.

Les ex-rebelles de la CMA remettent cause la nomination, vendredi soir par décret gouvernemental, d'un nouveau gouverneur pour Kidal, Sidi Mohamed Ag Ichrach, un enfant de de la ville, glisse-t-on dans les salons de l'aéroport, mais dont les faveurs vont clairement vers le groupe pro-Bamako de la Plateforme. Une nomination qui a déplu à la CMA, qui a donc décidé de boycotter l'investiture.

Pour le porte-parole de la Plateforme, il s’agissait seulement d’équilibrer les pouvoirs. « Il nous revenait quand même à ce que le gouvernement fasse un équilibre au niveau de la région de Kidal. On ne peut pas comprendre que la CMA ait à la fois le gouverneur et le président de l’autorité intérimaire. On a eu des consultations, et c’est ce qui a amené le gouvernement à équilibrer un peu la situation à Kidal. Aujourd’hui, le constat est clair : la CMA n’a pas rempli ses engagements. Qu’est-ce que la communauté internationale doit faire ? Qu’est-ce que le gouvernement du Mali doit faire ? »

Une réunion de crise s’est prolongée samedi. Le porte-parole de la CMA affirme qu’il ne s’agit que de petits ajustements et que tout devrait rentrer à la normale en début de semaine prochaine.

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