RDC: qui pour succéder à Etienne Tshisekedi à la tête du CNSA ?

La succession d'Etienne Tshisekedi à la tête du CNSA est sujet à de nombreux désaccords entre l'opposition et le gouvernement.
© REUTERS/Kenny Katombe

Au cours d'une conférence de presse ce vendredi 17 février, la majorité présidentielle s'est exprimée sur la succession d'Etienne Tshisekedi à la tête du Conseil national de suivi de l'accord du 31 décembre. Pour la majorité, le prochain président du CNSA devra être quelqu'un de consensuel, une position absolument pas partagée par le Rassemblement de l’opposition.

Après la mort du leader de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, à Bruxelles le 1er février dernier, le Conseil national de suivi de l’accord du 31 décembre ne lui a toujours pas trouvé de successeur à sa tête. La majorité présidentielle plaide pour une remise à plat des discussions afin de nommer une personnalité consensuelle.

« Si on soulève cette question du point de vue de l'esprit de la discussion, en tout cas, on va reprendre les choses à zéro. La majorité présidentielle n’aura pas de candidat. Mais je vous préviens que la société civile, le Front pour le respect de la Constitution, l’opposition politique sont en droit de relancer ce débat et de chercher à présenter des candidats. Si nous adhérons vraiment à l’esprit, et tout le monde sait que c’est à Etienne Tshisekedi, à titre individuel, qu’on avait donné ce pouvoir, en ce qui nous concerne au niveau de la majorité la question ne se pose pas. Mais, nous avons dit, ce monsieur-là, ou cette dame, doit réunir un consensus autour de sa personne, affirme Adolphe Lumanu Buanasefu, délégué de la majorité aux négociations sous l'égide de la Cenco. Nous devons l’accepter tous. Toutes les composantes, toutes les parties prenantes au dialogue du centre interdiocésain. »

Une proposition balayée d'un revers de la main par le Rassemblement de l’opposition qui estime que les textes sont clairs : le président du Conseil de suivi doit forcément être le président du Conseil des sages du Rassemblement.

« Nous, Rassemblement, nous nous en tenons à l’accord, à ses clauses, et nous pensons que, à ce point, tout est clair, il n’y a pas débat, assure Christophe Lutundula Apala, qui fait partie du Rassemblement de l’opposition. Il y a l’esprit et la lettre. Tous les juristes savent qu’on ne recourt à l’esprit que si la lettre est confuse, que si la lettre donne cours à interprétation. Voici le libellé de l’accord : "le Conseil national de suivi sera présidé par le président du Conseil de sages du Rassemblement." Point à la ligne. Je ne sais pas s’il y a matière à interprétation. »


 ■ Les évêques demandent à être reçu par le président Kabila

Les évêques attendent toujours d'être reçus par le chef de l'Etat. Ils ont récemment renouvelé leur demande faite il y a déjà plusieurs jours et qui n'a toujours pas reçu de réponse. Il y a urgence, explique le secrétaire général de la Cenco, la conférence épiscopale qui fait office de médiateur. Celle-ci tente toujours de relancer les négociations pour mettre en place l'application de l'accord de la Saint-Sylvestre.

La Cenco dit avoir besoin de faire un rapport au chef de l'Etat et attend aussi d'échanger avec lui sur des points de divergences concernant notamment les procédures de nomination du Premier ministre. La majorité demande en effet une liste de trois noms parmi lesquels elle choisira alors que l'opposition souhaite elle communiquer le nom d'un seul candidat.

Les évêques cherchent quand même à rapprocher les points de vue.
Abbé Nsholé
18-02-2017 - Par RFI