Sénégal: le gouvernement appelle les pêcheurs à éviter les eaux mauritaniennes

La récurrence des conflits entre garde-côtes mauritaniens et pêcheurs sénégalais est source de tension entre les deux pays.
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Le Sénégal demande à ses pêcheurs de ne pas se rendre dans les eaux de la Mauritanie s'ils ne sont pas en règle, afin de respecter la nouvelle législation mauritanienne, en attendant la signature d'un protocole entre les deux pays. De nouveaux textes sur la pêche sont entrés en vigueur en Mauritanie début février. La récurrence des conflits entre garde-côtes mauritaniens et pêcheurs sénégalais est source de tension entre les deux pays.

Depuis début février, la nouvelle réglementation mauritanienne oblige les armateurs étrangers à débarquer leurs prises sur le territoire mauritanien. Une règle qui déplait aux pécheurs sénégalais. De nombreuses pirogues ont donc été immobilisées ou ne sortent plus en mer. A cela s'ajoutent les incidents fréquents depuis plusieurs années. Dernièrement, des garde-côtes mauritaniens ont ainsi ouvert le feu sur des pêcheurs sénégalais. Le ministre sénégalais de la Pêche et de l'Economie maritime, Oumar Guèye, a donc appelé ses compatriotes vendredi à ne plus pêcher en Mauritanie sans autorisation.

Samba Gueye, président de l'interprofession de la pêche artisanale au Sénégal, souhaiterait que les deux parties trouvent un accord pour que les pêcheurs sénégalais puissent continuer de se rendre en Mauritanie. « Vous voyez que c'est la même population, donc on est habitués à travailler ensemble et à cultiver la paix, la solidarité et l'entraide au niveau de nos pays. Des fois il se peut qu'il y ait des difficultés, alors quand il y a des difficultés quelque part, on cherche à apaiser cette situation », explique-t-il.

Selon les pêcheurs du Sénégal, c'est la diminution des ressources halieutiques qui les pousse à se rendre dans les eaux mauritaniennes. Le protocole d'accords de pêche entre le Sénégal et la Mauritanie n'a pas été renouvelé il y a un plus d'un an. Des discussions sont en cours, mais pour le moment, les deux parties ne sont pas parvenues à un consensus.