Libye: tollé après l’interdiction faite aux femmes de voyager seules

Le gouverneur militaire de l'Est de la Libye, le général Abderrazak Nadhouri, annonce l'interdiction, pour une femme seule, de voyager. (Photo d'illustration)
© REUTERS/Faisal Mahmood/

En Libye, la décision, prise le 16 février, par les autorités militaires de l'est du pays d'interdire aux femmes de moins de 60 ans de voyager seules à l'étranger sans être accompagnées d'un homme de la famille, a enflammé les réseaux sociaux. Une majorité de Libyens, à l'est comme à l'ouest, étaient unis pour refuser cette décision qui n'est appliquée qu'en Arabie Saoudite.

Désormais, pour voyager à l'étranger, une femme libyenne doit être accompagnée de son père, de son frère ou de son fils - un mohram - selon l'explication wahhabite de la charia islamique.

Un communiqué signé par le gouverneur militaire de l'est du pays. Le général Abderrazak Nadhouri, annonce l'interdiction de voyager pour une femme seule et stipule que c'est pour « l'intérêt général ».

Le général a défendu sa décision en expliquant qu'elle n'est motivée « ni par la religion ni par la politique » mais pour « la sécurité nationale » de la Libye.

« Nous avons eu connaissance de cas où des Libyennes ont traité avec des services de renseignement étrangers », affirme Nadhouri.

Cette décision a suscité une vague d'indignation d'hommes et de femmes qui a envahi la Libye.

« C'est insultant pour la femme libyenne », écrit un internaute.

« Avec vos guerres, avez-vous laissé des hommes pour nous accompagner ? », s’indigne une femme interpellant directement le responsable militaire.

Des avocats et des associations de défense des droits de l'homme ont annoncé qu’une telle décision est contraire à la Constitution qui garantit la liberté de mouvement à tout Libyen.