Gabon: les promesses de la multinationale Olam pour l'environnement

Une vue satellite de la forêt au sud-est de Libreville (photo d'illustration).
© Creative commons/DLR

Un progrès pour l'environnement. La multinationale singapourienne Olam a signé un compromis avec l'ONG Mighty Earth. L'entreprise suspend pendant au moins un an la déforestation pour ses plantations de palmiers et d'hévéas au Gabon. Elle promet aussi plus de transparence sur sa chaîne de fournisseurs, dont certains sont critiqués pour leurs violations des droits humains et de l'environnement.

Cet accord fait suite à un rapport publié en décembre par Mighty Earth et l'ONG gabonaise Brainforest qui parlait de 20 000 hectares déboisés depuis cinq ans. Le compromis fait également suite à une campagne internationale des ONG pour critiquer les méthodes d'Olam.

Olam promet la suspension de la déforestation et plus de transparence. En échange, Mighty Earth suspend sa campagne contre l'entreprise ainsi que sa plainte devant le FSC, organisme international qui a accordé à l'entreprise une précieuse certification.
Pour Etelle Higonnet, directrice de campagne chez Mighty Earth, cet accord est une avancée.

« Le Gabon est un joyau, une arche de Noé, et pour la protéger il faut commencer, je pense, par l’agroindustriel. C’est la plus grande menace. Mais aussi, ils se sont engagés à tout un processus pour apporter encore plus de transparence par rapport à leurs fournisseurs, pour remonter encore plus loin. Là, pour moi, c’est un énorme changement parce que sans transparence, on ne peut pas assurer ni les droits humains ni la protection de l’environnement. »

Une question d'image

Mighty Earth va continuer de surveiller Olam à l'aide de satellites. Sur le terrain, l'ONG Brainforest devrait servir de relais. Pour son secrétaire exécutif, Marc Ona, les certifications internationales d'Olam et donc son image auprès des clients sont en jeu.

« Toutes les certifications sont encadrées par des exigences. On va regarder quelles sont les pratiques, nous allons voir s’il y a une volonté d’aller jusqu’au bout. Cela en va de la crédibilité de l’entreprise, qui est une grosse boîte, qui a des clients. Ces mêmes clients peuvent se sentir visés par une mauvaise publicité… »

Olam se dit toujours engagé dans la protection de la forêt et la réduction de la pauvreté. Son co-fondateur Sunny Verghese, espère que l'accord permettra au Gabon de favoriser le développement durable. Reste à savoir comment l'Etat réagira à ce compromis qui risque de faire perdre des emplois.
 

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