Afrique du Sud: échauffourées lors d’une manifestation anti-étrangers à Pretoria

Pretoria, Afrique du Sud, le 24 février 2017: cet homme à terre montre sa carte d'identité sud-africaine après avoir été pris à partie lors d'une manifestation contre les immigrants.
© REUTERS/ James Oatway

En Afrique du Sud, une manifestation anti-étrangers s’est tenue, ce vendredi matin, à Pretoria. Les habitants de Mamelodi, un des plus gros townships de la capitale, protestaient contre le nombre d’étrangers dans le pays. Des étrangers qu’ils accusent d’être responsables de trafic de drogue et de prostitution. Depuis deux semaines, des incidents xénophobes se multiplient dans le pays. Et la manifestation qui au départ devait être pacifique a tourné à l’affrontement.

Ils étaient environ 300 ce matin à s’être rassemblés devant un bureau du ministère de l’Intérieur à Pretoria West, un quartier à forte immigration. Ces habitants voulaient protester contre le nombre d’étrangers dans le pays. Etrangers qu'ils accusent de prendre leur travail dans un pays où le taux de chômage est à plus de 26%. Ils les accusent aussi d’être responsables du trafic de drogue et de la prostitution. Ce sont notamment les Nigérians qui sont pointés du doigt. « On ne veut plus des étrangers car ils vendent de la drogue. Nos enfants fument du nyaopé et ne vont plus à l'école. En plus ces étrangers prennent nos maison », nous explique une femme. « Pas tous les étrangers doivent partir.. mais ceux qui sont là illégalement. Surtout les Nigérians : 90% d'entre eux n'ont pas de papier, ils prostituent les filles et la police ne fait rien, car les Nigérians leur donnent de l'argent », ajoute un homme.

Ces Sud-Africains – qui font partie des plus pauvres - estiment qu’ils sont envahis dans leur propre pays. Ce vendredi matin, une jeune fille confiait à RFI que, selon elle, l’Afrique du Sud a des lois trop laxistes, que tout le monde peut y entrer et, la corruption aidant, y obtenir des papiers.

L’Afrique du Sud compte entre 1,5 et 2 millions d’étrangers. Beaucoup de réfugiés mais également de nombreux migrants économiques. Ce qui provoque la colère des Sud-Africains.

La police s'interpose entre manifestants et contre-manifestants

Le rassemblement a dégénéré ce vendredi. Dès le départ, un groupe d’une centaine de jeunes, certains cagoulés, bâton à la main, s’est dirigé vers une rue à 100 mètres de là, où il y a de nombreux commerces tenus par des Somaliens. Ces derniers ont alors bloqué la rue pour empêcher les manifestants d’avancer. Eux même avaient des pierres à la main et accusaient les manifestants de vouloir piller leur boutique.

Ces deux dernières semaines, près d’une quarantaine de magasins, tenus par des étrangers, ont été pillés dans les banlieues autour de Johannesburg et Pretoria. « Nous sommes venus ici pour avoir une vie meilleure pas pour vendre de la drogue, ou violer des femmes. On est juste là pour faire du commerce, explique un commerçant. Vous voyez ces gens, ils ont des couteaux. Je ne veux pas me battre, mais là c'est mon café internet, si je pars ils vont l'attaquer. Il faut que je me défende. C'est moi qui ait ouvert ce magasin, je paye des taxes, je n'ai pas pris le travail de quelqu'un. »

Les deux groupes, manifestants sud-africains d’un côté et commerçants somaliens de l’autre, se sont retrouvés face à face. Il y a eu un moment très tendu. Puis, la police sud-africaine s’est interposée et a tiré des balles en caoutchouc pour disperser les gens.

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