Gabon: les enseignants durcissent leur grève face à la fermeté du gouvernement

Salle de classe vide à Libreville, Gabon.
© AFP PHOTO/Steve Jordan

Les enseignants gabonais ont décidé jeudi 23 février, au terme d'une assemblée générale à Libreville, de durcir leur grève. Réunis au sein de la Convention nationale des syndicats du secteur éducatif (Conasysed), le plus grand syndicat de l'éducation, ils ont demandé la démission du ministre de l'Education nationale. Et disent que la décision de suspendre le salaire de 807 enseignants ne les fera pas reculer.

Ils ont multiplié les cris de ralliement pour resserrer les rangs. Pas question de se laisser impressionner par le gouvernement qui a décidé de frapper un coup dur : suspendre le salaire de 807 enseignants grévistes. Ce lundi matin, ces derniers ne pourront pas percevoir leur argent.

« Nous devons tous nous radicaliser », a lancé Simon Ndong Edzo, délégué général de la Conasysed. « Nous n’allons plus reculer. Nous n’avons commis aucune faute administrative grave, aucun procès n’a eu lieu, on ne nous a pas autorisés à nous défendre mais on a été sanctionnés arbitrairement. Et nous allons poursuivre le combat, le combat judiciaire et le combat physique. Nous sommes prêts. Cabri mort n’a plus peur du couteau ! »

Le gouvernement n'était pas disponible pour réagir. Mardi dernier, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Alain Claude Bilie By Nze a reconnu le bien fondé des revendications des enseignants. Il a cependant annoncé que l'Etat n'a pas assez d'argent pour payer les primes réclamées. « Malgré cela, pas question de prendre les élèves en otage », a-t-il averti.