Tunisie: le Parlement adopte la loi sur la dénonciation de la corruption

Le Premier ministre Chahed, s'exprimant devant le Parlement tunisien, le 26 août 2016.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

Le Parlement tunisien a approuvé mercredi soir la loi sur la dénonciation de la corruption, un texte très attendu, six ans après le soulèvement contre la dictature de Zine el-Abidine Ben Ali, largement marqué par des slogans anticorruption. Depuis le phénomène s'est encore aggravé et le gouvernement de Youssef Chaed a fait de la lutte contre la corruption une de ses priorités.

Le texte de cette loi constitue un premier pas dans la lutte contre la corruption et met en place les mécanismes, les conditions et les procédures de dénonciation de la corruption.

L'article 17, prévoit la protection des dénonciateurs et protège les lanceurs d'alerte. Tout acte de représailles contre eux est dorénavant considéré comme un crime, et son auteur sera puni.

Pour la fonction publiqu,e, la nouvelle loi garantit aussi aux lanceurs d'alerte une protection contre de possibles mesures disciplinaires de la part de leurs supérieurs.

Par contre, les propositions d'amendement de l'article 17 ont été rejetées y compris celles relatives à la protection des journalistes d'investigation.

La Tunisie connaît depuis longtemps une banalisation de la petite corruption du quotidien et dans tous les domaines. Elle a atteint un « stade épidémique », selon Chawki Tabib, le chef de l'instance de lutte contre la corruption.

A son arrivée au pouvoir, le Premier ministre Youssef Chahed ne faisait pas d'illusion sur la difficulté de la tâche : ce combat sera « plus difficile » que celui engagé contre le terrorisme, avait-il notamment déclaré. La corruption est l'un des principaux freins à la relance de l'économie en Tunisie. Cette loi est un premier pas important.