Afrique du Sud: le climat xénophobe inquiète la société civile

Pretoria, le 24 février: des Somaliens interpellent un policier pendant les affrontements avec des manifestations anti-immigrants.
© REUTERS/ James Oatway

En Afrique du Sud, un calme relatif est revenu ce samedi 25 février après la marche xénophobe dispersée par la police la veille à Pretoria. Mais les incidents des dix derniers jours inquiètent la société civile.

Les représentants de la diaspora africaine craignent toujours que les incidents xénophobes se propagent à travers l'Afrique du Sud. Le Forum de la diaspora a appelé le gouvernement à cesser de « criminaliser les étrangers », après des propos très ambigus de Jacob Zuma en fin de semaine.

Le président sud-africain a bien appelé au calme, mais il a ajouté que « l'on ne peut pas ignorer que dans les communautés, la plupart des crimes, tels que le trafic de drogue ou la prostitution, sont perpétrés par des étrangers ».

Sello Hatang, le président de la Fondation Nelson Mandela, met en garde le gouvernement. « Les responsables politiques doivent aussi faire attention à leurs propos. Parfois, c'est l'imprudence de nos dirigeants qui conduit à ces incidents. Je pense que ceux qui ont le pouvoir de changer la vie des Sud-Africains doivent faire leur introspection... A quel moment avons-nous trahi les demandes légitimes des Sud-Africains, qui veulent plus d'emploi, par exemple ? »

Pour lui, toutes les leçons n'ont pas été tirées des attaques xénophobes de 2008. « Nous devons prendre conscience que ce n'est pas que de la xénophobie. C'est une forme très particulièrement d'afrophobie. Comme si nous nous détestions tellement nous-même, que nous devons nous attaquer à ceux qui nous ressemblent, particulièrement s’ils ont la peau plus foncée. »

Plusieurs responsables politiques ont appelé les Sud-Africains à prendre « leurs distances » avec toutes les manifestations de sentiments xénophobes.

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