Grève des enseignants au Gabon: l'appel des parents d'élèves

Une salle de classe à Libreville, au Gabon (image d'illustration).
© STEVE JORDAN / AFP

Au Gabon, la grève des enseignants du secteur public se poursuit. Le gouvernement, de son côté, est passé de la menace à l'action. Ce vendredi 24 février, plusieurs enseignants n'ont pas perçu leur salaire. En début de semaine, le gouvernement avait annoncé la suspension des salaires de 807 enseignants grévistes. La prochaine étape sera la radiation de ceux qui ne reprendront pas le travail. Inquiète par cette escalade, la Fédération nationale des associations des parents d'élèves est sortie de son silence.

Dans le minuscule siège de la Fédération des associations des parents d'élèves (Fenapeg), c'est l'inquiétude. La longue grève qui oblige les élèves du secteur public de rester à la maison alors que leurs camarades du privé continuent à faire cours, préoccupe énormément.

René Mezui Menié, le président de la Fédération urge l'Etat à ouvrir un véritable dialogue avec les syndicats. « Qu’ils rappellent autour de la table les syndicalistes grévistes et qu’ils arrêtent d’envoyer ces messages va-t’en-guerre qui n’arrangent personne. Nous avons suivi des suspensions de salaire, ce n’est pas normal si on veut que la sérénité revienne dans cette grande famille de l’éducation. »

La Fenapeg déplore aussi la radicalisation des enseignants. « Ce n’est pas en radicalisant ses propres positions qu’on va trouver des solutions aux problèmes. Ce qui va arriver c’est que personne ne sortira gagnant de cette situation. »

La fédération estime que l'Etat et les enseignants ont pris en otage les parents d'élèves et leurs enfants. Elle craint une année blanche. Les élèves eux-mêmes l'ont compris. La semaine qui s'achève, ils sont descendus dans les rues pour réclamer la reprise des cours.

Les enseignants continuent à exiger le paiement de leurs primes, des tables bancs et la construction de nouvelles salles de classe. « L'Etat n'a pas assez d'argent », a répondu le porte-parole du gouvernement.