Maroc: timide avancée sur le dossier du Sahara occidental

Un hélicoptère des Nations unies aterrit dans un champ, tandis qu'un membre du Front Polisario monte la garde, durant la visite au Front du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, le 5 mars 2016, à Bir-Lahlou (Sahara occidental).
© Farouk Batiche / AFP

Le roi du Maroc Mohammed VI a annoncé dimanche avoir ordonné, à compter de ce lundi 27 février, un « retrait unilatéral » de ses forces armées d'une route reliant le Sahara occidental et la Mauritanie, via la localité de Guerguerat. C'est une timide avancée dans l'épineux dossier de ce territoire revendiqué par le Maroc et par les indépendantistes sahraouis du Front Polisario.

C'est un banal tronçon de route, à travers le désert, qui relie le Maroc et l'Afrique subsaharienne, mais le bitume s'arrête net, à environ 4 km de la frontière avec la Mauritanie. Dans cette zone, se font face la gendarmerie royale marocaine, au nord, et les hommes du Polisario, au sud, avec entre eux, les Casques bleus de la Mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso).

Depuis l'été dernier, c'est aussi un lieu de haute tension entre le royaume chérifien et les indépendantistes sahraouis. En août, le Maroc avait commencé à bitumer la route, au-delà de son poste-frontière, disant lutter contre « la contrebande ». Pour intimer aux Marocains l'ordre de s'arrêter, le Polisario a quant à lui multiplié les patrouilles et renforcé sa présence dans le secteur.

A l'ONU, l'inquiétude grandissait. Le roi du Maroc a donc pris les devants, ce week-end, après s'être entretenu par téléphone, vendredi, avec le secrétaire général António Gutteres. Sur son instruction, la gendarmerie royale a reçu l'ordre de reculer, à partir de ce lundi. Mais de son côté, le Front Polisario affirme que son recul n'est que de la « poudre aux yeux » masquant mal le refus marocain de négocier.

« C’est un non-évènement pour nous, c’est de la poudre aux yeux, explique Oubi Bouchraïa Bachir, le représentant du mouvement indépendantiste sahraoui en France. Le Maroc veut présenter cette décision comme une concession considérable et s’en servir comme l’arbre qui peut cacher la forêt. La forêt bien évidemment, c’est l’objectif central de la présence de l’ONU au Sahara occidental : l’organisation du référendum d’autodétermination, bloquée depuis 25 ans par le Maroc. »

Côté marocain pourtant, on veut voir dans ce retrait « un signal fort » pour l'avenir. Le roi du Maroc veut démontrer ainsi qu'il est prêt à des concessions sur la question du Sahara occidental. C'est du moins l'avis de Younès Tantaoui, journaliste du site d'information Le360. « Je crois que ce geste est un signal fort envoyé à toute la communauté internationale pour dire que le Maroc cherche aussi une solution pacifique sur la directive de l’ONU. Maintenant, c’est un peu trop tôt pour juger des résultats, surtout qu’il n’y a pas eu de réaction pareille de l’autre côté. Aujourd’hui, la balle est clairement du côté du Polisario. »

Il faut également comprendre la décision marocaine sur fond d'intégration à l'Union africaine, où un bras de fer est là aussi engagé avec le Polisario, mais cette fois sur le terrain politique.
 

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