Les militants UDPS veulent un nouveau gouvernement avant d’enterrer Tshisekedi

Travaux d'aménagement de la tombe d'Etienne Tshisekedi au cimetière de la Gombe à Kinshasa, le 28 février 2017.
© RFI/Léa-Lisa Westerhoff

En RDC, la décision de la famille d'Etienne Tshisekedi de rapatrier le corps de l'opposant historique le 11 mars prochain à Kinshasa suscite la polémique au sein des militants du plus grand parti d'opposition du pays, l'UDPS. Le parti a dit se ranger à la décision de la famille mais les militants veulent d'abord qu'un nouveau Premier ministre issu du rassemblement de l'opposition soit nommé, comme le prévoit l'accord politique signé fin décembre entre opposition et majorité. Ce mercredi après-midi, ils étaient plus d'une centaine à manifester devant le siège de l'UDPS et dans le quartier de Limete.

« Ce pays, c’est celui d’Etienne Tshisekedi », scande un jeune combattant de l’UDPS, juché sur un tronc d’arbre au milieu de la rue. Tout près du siège du parti, il communique à une petite foule les nouvelles du jour. Et notamment celle du retour de leur chef, Etienne Thsisekedi, le 11 mars prochain, pour être enterré dans le cimetière du centre-ville. Impensable pour ces militants !

Autre point de litige, la chronologie : selon ces militants, l’opposant historique doit être enterré par un nouveau gouvernement. Fruit de l’accord politique qu’Etienne Tshisekedi a lui-même signé avec le pouvoir avant de mourir. Et chacun y va de sa prophétie…

Mercredi, toute l’après-midi, ils étaient près de 200 à défiler à Limete, brandissant des bâtons et des branchages en signe de mécontentement et de deuil.

Nous sommes là pour l'Etat de droit, lui-même est le père de la démocratie, il faut qu'on publie le nouveau gouvernement avant son enterrement
Reportage à Kinshasa
01-03-2017 - Par Léa-Lisa Westerhoff

Mécontentement ou pas, les préparatifs pour le retour de la dépouille mortelle d'Etienne Tshisekedi ont démarré. Au cimetière de la Gombe, les travaux sont en cours. Et hier, la mission de l'ONU au Congo s'est dite prête à sécuriser le cortège, comme le lui a demandé la famille d'Etienne Tshisekedi.

Charles Bambara, porte-parole de la Monusco l’assure : « La famille de Tshisekedi sollicite l’implication des éléments de la Monusco, au côté des combattants de l’UDPS et de la police nationale. C’est vrai que dans ce genre de cérémonie officielle, j’allais dire nationale, les premiers responsables pour la sécurité, ce sont les forces de sécurité nationales, mais c’est vrai que la Monusco conformément d’ailleurs à son mandat, va conseiller, appuyer les services de sécurité pour que cette cérémonie, ou ces cérémonies, autour donc des funérailles de ce grand leader congolais qu’est Etienne Tshisekedi, puissent se passer sereinement dans de très bonnes conditions. »