RDC: assaut déclenché contre la résidence du chef de Bundu dia Kongo

Une des résidences du leader de la secte Bundu Dia Kongo, Muanda Nsemi, commune Ngaliema, quartier Joli Parc à Kinshasa. La résidence est prise d'assaut le 3 mars 2017..
© RFI/Sonia Rolley

Cela fait bientôt trois semaines que le député Né Mwanda Nsémi, chef de la secte politico-religieuse Bundu dia Kongo, est retranché avec près d'une centaine de ses adeptes dans sa résidence de Ma Campagne, dans la capitale congolaise. Les autorités lui demandaient de se rendre, elles lui reprochent d'avoir lancé un appel à renverser le gouvernement. Un assaut a été déclenché ce matin et se poursuivait à la mi-journée.

L'assaut a été donné en milieu de matinée et se poursuivait encore vers 12 h 30 (TU).  A intervalles réguliers, on pouvait entendre des crépitements de balles et des détonations.

Une épaisse fumée noire s’élevait de la résidence de Né Mwanda Nsémi. Des dizaines de policiers, en équipement anti-émeute et kalachnikovs à la main, bloquaient toujours l’accès à la résidence elle-même. Un feu était visible juste devant.

Cela fait plusieurs semaines que les autorités demandent au député Né Mwanda Nsémi de se rendre pour être interrogé et son domicile perquisitionné. Kinshasa lui reproche des appels à renverser le gouvernement, mais aussi une série d’attaques meurtrières au Congo-Central en janvier 2017.

Le problème, c’est que Né Mwanda Nsémi n’est pas seul. Des dizaines, peut-être plus d’une centaine d’adeptes, sont retranchés avec lui. Ils refusaient à ce jour de sortir de la résidence de peur d’être poursuivis et demandaient un dialogue. Pour les autorités, ce sont plutôt des otages qui doivent servir de boucliers humains.

Quoi qu’il en soit, il y a beaucoup d'interrogations à la mi-journée ce 3 mars autour de cet assaut. Comment la police va-t-elle gérer tous ces civils, dont des femmes et des enfants ? Aucun bilan n’est disponible pour le moment.

Dernière information, les voisins directs du chef de cette secte politico-religieuse, eux, se réjouissent de cette intervention. Depuis le 13 février, ils subissaient le bouclage complet de leur quartier ; l’eau et l’électricité leur avaient été coupées.