Rwanda: la citoyenne rwando-britannique Violette Uwamahoro arrêtée

Le 14 février, Violette Uwamahoro devait rencontrer un proche à la principale station de bus de Kigali.
© RFI/Stéphanie Aglietti

La police rwandaise a annoncé vendredi 3 mars détenir une Rwando-britannique portée disparue depuis deux semaines. La police l'accuse de « crimes graves ». Violette Uwamahoro est l'épouse d'un cadre du Congrès national rwandais, un parti d'opposition en exil formé par d'anciens proches du président Paul Kagame et que Kigali qualifie de « terroriste ». Cette mère de deux enfants qui vit au Royaume-Uni s'était rendue au Rwanda pour assister aux obsèques de son père. Dans un communiqué publié vendredi, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a appelé les autorités rwandaises à présenter au plus vite Violette Uwamahoro à un juge et de « l'inculper d'une infraction crédible ou la libérer ». HRW a aussi dénoncé « une tendance de détentions au secret au Rwanda ces dernières années, concernant souvent des personnes soupçonnées de liens avec des opposants au gouvernement ».

La dernière fois que Faustin Rukundo avait eu des nouvelles de son épouse, c'était le 14 février. Ce jour-là, Violette Uwamahoro devait rencontrer un proche à la principale station de bus de Kigali. Elle ne se présentera cependant jamais au rendez-vous et depuis, aucun signe de vie.

Aucune nouvelle donc, jusqu'à ce vendredi, deux semaines plus tard. Par voie de presse, la police rwandaise a annoncé que Violette Uwamahoro était en détention. Elle est soupçonnée d'être impliquée dans « des activités criminelles constituant des crimes graves, y compris des tentatives de recruter des personnes dans un réseau criminel ». La police ne précise pas la date de son arrestation.

Selon Faustin Rukundo, qui dément toutes les accusations portées à l'encontre de son épouse, les autorités rwandaises avaient précédemment démenti la détenir. Resté au Royaume-Uni, il avait dénoncé dans la presse britannique « l'enlèvement » de sa femme par les services de renseignements rwandais, et l'avait lié à ses propres activités politiques ; une accusation d'enlèvement démentie par la police.