Au Rwanda, le succès du roman «Petit pays» de Gaël Faye

Portrait de l'écrivain-compositeur-interprète Gaël Faye, auteur du livre « Petit Pays ».
© Schwagga / Grasset

«Petit pays» le roman du rappeur et auteur franco-rwandais Gaël Faye a été la révélation de la rentrée littéraire en France. « Petit Pays » raconte, à travers les yeux d’un enfant métis franco-rwandais, comme l’auteur, qui grandit au Burundi dans les années 1990, la montée des tensions entre Hutus et Tutsis et puis le génocide au Rwanda voisin. Le roman a notamment été récompensé du prix Goncourt des lycéens et devrait être traduit en 29 langues. Un succès en France, mais aussi au Rwanda, où l’ouvrage et l’artiste – qui y vit depuis deux ans - ont reçu un accueil particulièrement enthousiaste.

A Ikirezi, la principale librairie de Kigali, impossible désormais de se procurer un exemplaire de Petit pays. Du jamais vu pour Felix Mbabazi, le gérant : « Depuis 10 ans que je travaille à la libraire, c’est la première fois que je vois un roman se vendre comme ça. On reçoit environ 5 personnes par jours, donc c’est dommage, mais on va se réapprovisionner ».

Et c’est dans une salle comble en présence de la première dame du Rwanda que Gaël Faye a animé la semaine dernière un café littéraire à Kigali. Une lecture en musique de son roman. « On me demandait pendant cette tournée en France : "est-ce que votre roman intéresse chez vous au Rwanda, au Burundi ? Est-ce que vous n’avez finalement pas écrit un livre pour la France ?" Vous êtes la réponse que non ».

Dans la salle beaucoup de Rwandais qui ont connu l’exil comme la mère du héros du roman, Gabriel. Ils disent s’être reconnus dans cet ouvrage. Et pour le comédien Diogène Ntarindwa, Gaël Faye a trouvé le bon ton. « J’aime comme il traite de l’exil. Je suis issu de l’exil, dont il traite du déracinement et dont il traite du génocide aussi. Autant d’histoire lorsque tu es artiste et Rwandais tu ne peux pas t’empêcher de passer à côté ».

Et si Petit pays plaît, c’est aussi parce qu’il dépeint les petits riens du quotidien au Burundi dans les années 1990, sans « exotisme ». Une Afrique qui, selon Gaël Faye, doit aussi être racontée.

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