Simone Gbagbo: un procès quasi paralysé après 4 mois de report en suspension

L'ex-première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, lors de son deuxième procès devant la justice ivoirienne à Abidjan, le 31 mai 2016.
© ISSOUF SANOGO / AFP

Où en est le procès de Simone Gbagbo ? Elle est jugée pour son implication présumée dans des tirs d'obus sur le marché d'Abobo, lors des violences postélectorales de 2010-2011. Un procès dure depuis la fin mai 2016. Et ce mardi, l’audience a, une nouvelle fois, été très courte.

A peine trente minutes pour cette audience qui s’est tenue en l’absence de l’accusée. La chaise rouge et or prévue pour accueillir Simone Gbagbo était une nouvelle fois vide. Ses avocats attitrés, eux non plus, n’étaient pas là. Sur le banc, ce sont donc désormais trois commis d’office qui sont chargés de représenter l’ancienne Première dame ivoirienne. Mais les débats ne portent toujours pas sur le fond de l’affaire. C’est la forme qui est discutée. Des exceptions ne cessent d’être soulevées. Cette fois, la défense s'est plaint de ne pas avoir reçu à temps certaines ordonnances de la cour d'assises.

De report en suspension, cela fait maintenant quatre mois que ce procès est quasi paralysé. Mais personne ici ne semble en réalité s’en émouvoir et la défense assure qu’il ne s’agit en rien de manœuvres dilatoires. « Notre cliente risque la prison à perpétuité. Il est de notre devoir de s’assurer que toutes les règles de droit sont respectées », confiait à RFI l’un de ses avocats.

La stratégie de la chaise vide

La stratégie de la chaise vide reste donc la ligne de défense de Simone Gbagbo. Il faut savoir quand même qu’elle coopère avec les avocats commis d’office pour la défendre. Il y a des contacts. Ceux-ci ont pu la rencontrer à plusieurs reprises, confiait l’un de ses avocats qui précisait d’ailleurs aujourd’hui que Simone Gbagbo « se porte comme un charme ».

Mais l’ancienne Première dame et ses avocats continuent de boycotter l’audience. Un boycott, un refus de se rendre au tribunal, débuté en octobre en signe de protestation, car certains des personnages clés, selon eux, de la crise postélectorale comme Guillaume Soro, le président de l'Assemblée nationale, ne sont pas venus témoigner.

Ils souhaitaient notamment voir à la barre Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale, ou encore le ministre Jeannot Ahoussou Kouadio. Sans ces témoignages qu’ils estiment indispensables pour la manifestation de la vérité, Simone Gbagbo et ses avocats disent ne pas vouloir cautionner ce procès. Ils tentent même ainsi de décrédibiliser ce procès que la défense de Simone Gbagbo ne cesse de dénoncer comme partial et politique.

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