L’Afrique du Sud renonce à se retirer de la Cour pénale internationale

La Cour pénale internationale est située à La Haye, aux Pays-Bas.
© Wikipedia

Pretoria a officiellement retiré sa lettre annonçant son retrait du statut de Rome, mardi 7 mars. En tout cas pour l'instant. En octobre dernier, le gouvernement sud-africain avait envoyé un courrier officialisant son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), dont il dénonce le parti pris anti-africain. Une décision prise suite au refus de Pretoria d’arrêter le leader soudanais Omar el-Béchir – présent sur son territoire – malgré le mandat d’arrêt international à son encontre.

L’Afrique du Sud n’avait pas vraiment le choix. En octobre dernier, le gouvernement a officiellement informé l’ONU de son retrait de la CPI, mais en février, la justice a estimé que cette décision était inconstitutionnelle et invalide, car elle n’avait pas été approuvée par le Parlement. La justice donc a ordonné au gouvernement de révoquer sur-le-champ sa notice de retrait.

Pretoria a obéi, mais cela ne veut pas dire que le gouvernement a abandonné son projet. D’autant plus que si la décision de se retirer de la CPI devait être débattue dans l’hémicycle. Il y a des chances que les députés votent en faveur, l’ANC, parti du président Jacob Zuma, étant majoritaire au Parlement. Mais le président sud-africain est de plus en plus contesté. La décision de se retirer de la CPI ne fait pas l’unanimité dans le pays et pourrait contribuer à ternir davantage l’image du chef de l’Etat.

Ce mercredi, plusieurs personnalités du monde juridique ont appelé le gouvernement à revoir sa position argumentant plutôt pour une réforme. « L'Afrique du Sud doit discuter avec d'autres pays africains en vue d'une réforme de la CPI pour que cette institution devienne plus efficace pour atteindre ses objectifs de justice internationale. Nous pensons aussi que le pays doit encourager d'autres pays africains à mettre en place des législations qui permettrait à leur justice de juger des crimes de génocide, de guerre et crimes contre l'humanité », estime Zak Yacoob, un ancien juge de la Cour constitutionnelle.

Le gouvernement ne s'est pas encore exprimé. Le ministre de la Justice qui devait s'adresser mercredi à une commission parlementaire ne s'est pas présenté. En entendant, l'Afrique du Sud reste convoquée par la CPI, le 7 avril, pour expliquer pourquoi elle a refusé d'arrêter le président soudanais Omar el-Béchir, lors de sa visite dans le pays il y a deux ans.

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