RDC: vers une commission d'enquête de l'ONU sur les violences au Kasaï?

Des soldats de la Monusco à Tshimbulu, dans le Kasaï-Central, dans le sud-est de Kananga.
© MONUSCO/Biliaminou Alao

Le haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme demande l'établissement d'une commission d'enquête sur les violences contre les civils en République démocratique du Congo. Zeid Ra'ad al-Hussein dit avoir constaté de « graves » violations des droits de l’homme. Le porte-parole du gouvernement décline laide de l'ONU dans les enquêtes et pointe les miliciens présumés Kamuina Nsapu.

S’exprimant devant le Conseil des droits de l’homme, à Genève, le prince Zeid a d'abord salué les mesures prises par le gouvernement congolais.

« Mon bureau a récemment signalé un certain nombre de graves violations des droits de l'homme dans les provinces de Kasaï et Lomami de la République démocratique du Congo. Je félicite le gouvernement d'avoir pris rapidement des mesures pour enquêter sur quelques-unes de ces allégations de meurtres par des soldats et lui propose l’aide de mon bureau », a-t-il réagi.

Commission d'enquête

Mais étant donnée la gravité de la situation dans la région, le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme ne veut pas en rester là.

« Vu les allégations répétées de graves violations des droits de l’homme et la découverte de trois nouveaux charniers, j'exhorte le Conseil à établir une commission d'enquête pour se pencher sur ces allégations, a-t-il réclamé. Mon bureau surveillera attentivement les développements judiciaires concernant les actions des forces de sécurité qui ont entraîné la mort de plus de 100 personnes en septembre et en décembre. »

Le Kasaï est le théâtre, depuis juillet, d'une insurrection populaire suite à la révolte d'un chef coutumier Kamuina Nsapu contre l'autorité de l'Etat. Ce dernier a été tué en août dernier à la suite d'une opération militaire, mais depuis, cette vague de contestation s'est étendue sur les trois provinces du Kasaï.

La RDC refuse l'aide de l'ONU dans les enquêtes sur des massacres présumés

Lors d'une conférence de presse ce mercredi, le porte-parole du gouvernement s'est insurgé contre cette prise de position du haut-commissaire, rappelant qu'une enquête de la justice congolaise était en cours. « Nos magistrats ont découvert plus de trois fosses communes et toutes les horreurs des Kamuina Nsapu », a déclaré à RFI Lambert Mende. Le ministre de la Communication a affirmé que ces charniers étaient le fait de présumés miliciens qui tueraient notamment dans des conditions atroces des chefs coutumiers, des intellectuels locaux ou encore des policiers.
 

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