Libye: suspension de l’accord politique de Skhrirat

Le Parlement libyen, réuni à Tobrouk, le 28 août 2016.
© Parlement libyen/DR

En Libye, c'est la rupture dans les négociations pour stabiliser les institutions. Le Parlement libyen, reconnu par les Nations unies, mais dont le mandat s'est terminé en octobre dernier, a rejeté lundi soir l'accord politique interlibyen signé à Skhrirat au Maroc sous l'égide de l’ONU en décembre 2015. Le Parlement a également suspendu les activités du comité du dialogue qui travaillait sur la révision prochaine de cet accord. Une révision très attendue et qui devait rééquilibrer les choses en associant une large majorité d’acteurs libyens. Ce rejet de l'accord semble être une réponse aux derniers développements intervenus dans la région des champs pétroliers.

Impossible de séparer les dernières décisions prises sous l'égide du Parlement libyen installé à Tobrouk, dans l'est du pays, de l'offensive dirigée par une coalition des milices d'extrémistes islamistes, en fin de semaine dernière. Une offensive qui a permis à ces groupes de reprendre le contrôle des champs pétroliers aux mains du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est-libyen.

Cette coalition, bénie par le gouvernement de Fayez el-Sarraj à Tripoli et par l'ex-mufti Sadiq al-Ghariani, regroupe pêle-mêle les brigades de défense de Benghazi et le Groupe islamique combattant, tous les deux dépendants d’al-Qaïda, ainsi que des Frères musulmans et d'autres groupes plus petits. Selon le porte-parole du Parlement, ce regroupement est soutenu par « des forces à l'intérieur du pays comme à l'étranger ».

Lundi soir, lors du vote, 73 parlementaires ont voté pour une « suspension » de l'accord politique. Ce qui signifie un retour à la case départ en Libye. Mais le Parlement, à l'image du pays, est divisé sur la question. Des élus refusent cette décision. Ils l'ont fait savoir par un communiqué dans lequel ils disent « craindre pour l'avenir de la Libye ». Ces parlementaires menacent de se réunir dans une autre ville. Certaines sources mentionnent que le Conseil présidentiel, dirigé par el-Sarraj, prépare cette réunion pour qu'elle se tienne à Tripoli.