Mali: sur fond de négociations, le blocage se poursuit à Tombouctou

Soldats maliens en faction le 2 mai 2016 à Tombouctou, dans le nord du pays (photo d'illustration).
© SOULEYMANE AG ANARA/AFP

La situation est toujours tendue à Tombouctou mais les négociations progressent. Les groupes armés, notamment les deux branches du Mouvement arabe pour l'Azawad, le MAA, se sont engagés à libérer les checkpoints pris aux forces armées maliennes. Certains groupes armés s'opposent toujours à la nomination des autorités intérimaires qu'ils ne jugent pas consensuelles, des autorités censées rétablir l'Etat dans le nord du Mali.

Le Mouvement arabe pour l'Azawad, le MAA, avait lancé un ultimatum aux forces internationales et au gouvernement du Mali : si leurs doléances vis-à-vis des autorités intérimaires n'étaient pas satisfaites, ils prendraient de force le QG des forces armées maliennes à l'intérieur de Tombouctou. Une menace prise extrêmement au sérieux par la force française Barkhane et par les casques bleus, car le MAA joue et flirte en toute connaissance de cause avec les limites du mandat des forces internationales.

Les casques bleus ne peuvent pas intervenir tant que les populations ne sont pas menacées. Les groupes armés ont d'ailleurs pu s'emparer presque sans encombre d'au moins 5 checkpoints appartenant aux forces armées maliennes. Jeudi, la force française Barkhane a donc montré les muscles en survolant à basse altitude Tombouctou avec des hélicoptères d'attaque et en organisant des patrouilles communes avec les soldats maliens.

Dans le même temps, la coordination des mouvements de l'Azawad et le groupe pro-gouvernemental de la Plateforme se sont dissociés des autonomes de Tombouctou par le biais de communiqué de presse. « Ces gens-là agissent en leur nom propre et ne sauraient engager la responsabilité de la Plateforme », a affirmé le porte-parole du groupe armé pro-gouvernemental, Moulaye Hamed Ould Moulaye.

Ces actions combinées semblent avoir porté leurs fruits puisque les deux branches du MAA ont annoncé vouloir quitter leurs positions dans les checkpoints, avant 12h ce 10 mars, sous réserve encore une fois que leurs revendications soient entendues.