RDC: le transfert au Rwanda d'un ancien milicien hutu pose problème

Des soldats de l'ONU inspectent des armes des FDLR dans un camp de désarmement.
© AFP PHOTO/JOSE CENDON

En RDC, le général de brigade Cômes Semugeshi, membre de la milice hutu FDLR a été rapatrié ce mercredi dans son pays d’origine le Rwanda. Le mois dernier, il s’était rendu volontairement à la Mission des Nations unies en RDC (Monusco) qui a donc procédé à son transfert en vertu du processus de démobilisation et de réintégration des combattants étrangers (DDRRR). Cômes Semugeshi est actuellement en route pour rendre visite à sa famille à Huye avant de commencer dans deux semaines une formation de trois mois au centre de démobilisation et de réintégration de Mutobo affirme le responsable rwandais du processus de démobilisation. Mais la société civile regrette un transfert « précipité » et qui ne laisse pas le temps à la justice congolaise d’enquêter sur les crimes dont est suspecté Semugeshi au Nord Kivu. Selon Me Omar Kavota, coordonnateur et directeur exécutif du Centre d’étude pour la promotion de la paix la démocratie et les droits de l’homme en RDC (Cepado), le général pourrait être responsable de plusieurs massacres dont celui de Busurungi où 59 personnes avaient trouvé la mort selon l’ONU (96 selon Human Rights Watch). Avec cette extradition, la chance de voir un jour la justice rendue dans cette affaire s’éloigne déplore cette figure de la société civile du Nord-Kivu.

Ces actes criminels risquent de rester impunis.
Maître Omar Kavota, coordonnateur et directeur exécutif du Cepado
11-03-2017 - Par Carol Valade

Me Omar Kavota déplore également que ces transferts n’aient lieu « que dans un seul sens » c’est-à-dire que « le Rwanda n’extrade pas les membres du CNDP ou M23 qui se trouvent sur son territoire ». La justice militaire congolaise n’a pas souhaité s’exprimer, quant à la Monusco, elle devrait communiquer ce samedi 11 mars sur le sujet.