Visite sensible du président Touadéra à Bambari

Un véhicule de la Minusca en patrouille à Bambari (août 2014).
© UN Photo/Catianne Tijerina

C’est une visite lourde en symbole qu’effectue le président centrafricain ce dimanche. Faustin-Archange Touadéra se rend à Bambari. La deuxième ville du pays, chef-lieu de la Ouaka, province théâtre d’une bataille féroce depuis plusieurs mois entre factions rivales de l’ex-Seleka, FPRC et UPC. Le FPRC ne cache pas son intention de prendre Bambari défendue par la Minusca. En venant à Bambari, le président Touadera souhaite surtout démontrer que l’Etat centrafricain est de retour dans cette ville contrôlée jusqu’il y a peu par l’UPC d’Ali Darass.

Faustin-Archange Touadéra aura été précédé à Bambari d’une trentaine de gendarmes et policiers déployés pour marquer symboliquement le retour de l’Etat dans la deuxième ville du pays, jusqu’il y a peu fief d’Ali Darass, d’où le leader de l’UPC contrôlait une vaste zone dont il tirait d’importants revenus.

Ali Darass a accepté de quitter la ville il y a quelques semaines sous la pression de la Minusca, mais une bonne partie de ses hommes étaient restés dans la place, se faisant discrets, mais occupant toujours les bâtiments officiels. Des bâtiments qu’ils ont quittés avec armes et bagages il y a 48 h à la demande de la Minusca dans le cadre de sa politique dite de « ville sans groupes armés » pour se replier dans deux quartiers, chez des habitants.

En venant à Bambari, Faustin-Archange Touadera aura à cœur de montrer que les autorités centrafricaines reprennent pied en province et qu’elles ne gouvernent pas que Bangui. Une présence symbolique toutefois puisque l’administration et la justice par exemple n’y existent toujours pas.

Le président emmènera notamment avec lui le vice-président de la Banque mondiale, Makhtar Diop, premier bailleur de fonds de son plan de redressement de 3 milliards de dollars sur trois ans. La Banque mondiale qui, comme l’Union européenne, a promis 500 millions, et appuie plusieurs projets de développement sur place. Une visite à haut risque tout de même puisque les éléments du FPRC, qui se trouvent à une quinzaine de km, comptent toujours entrer à Bambari.