L’Afrique du Sud et le Nigeria tentent de lutter contre la xénophobie

Attaque xénophobe envers des Nigérains à Pretoria le 18 février 2017.
© REUTERS/James Oatway

Les ministres des Affaires étrangères d'Afrique du Sud et du Nigeria se sont rencontrés, ce lundi 13 mars, à Pretoria, pour aborder le problème de la xénophobie. Depuis plusieurs semaines, l’Afrique du Sud connaît une résurgence de violence contre les étrangers et qui a commencé, le mois dernier, avec des attaques contre des ressortissants Nigérians dans la périphérie de Johannesburg, accusés d’être responsables de trafic de drogue et de prostitution.

Pour le ministre des Affaires étrangères du Nigeria, les relations entre les deux pays restent bonnes, malgré les violences contre les ressortissants de son pays, en Afrique du Sud. Le mois dernier, des habitations appartenant à des Nigérians ont été incendiées, leurs propriétaires étant accusés de trafic de drogue et de prostitution.

Après une rencontre avec son homologue sud-africain, ce lundi matin, le ministre nigérian, Geoffrey Onyeama, a souligné l’importance des relations économiques entre les deux pays qui ne doivent pas être gâchées par une minorité.

« Tous les Nigérians, en Afrique du Sud, ne sont pas des criminels. La très grande majorité contribue positivement à l’économie du pays. Nous avons des professeurs, des docteurs, des ingénieurs. Dans tous les secteurs d’activité, il y a des Nigérians et nous n’allons pas compromettre cette contribution à cause de l’activité criminelle d’un petit nombre », a tenu à souligner le ministre nigérian des Affaires étrangères.

Les deux pays se sont mis d’accord pour mettre sur pied un mécanisme d’alerte. Des représentants du gouvernement et de la police des deux pays se rencontreront tous les trois mois. Toutefois, cela sera-t-il suffisant pour prévenir les attaques ?

Pretoria est accusée de nier le caractère xénophobe de cette violence. La semaine dernière encore, l’ancien président du pays, Thabo Mbeki, préférait parler de « criminalité », provoquant la colère de certains ambassadeurs dans le pays.