Libye: les forces pro-Haftar reprennent le contrôle de deux sites pétroliers

Vue générale de la zone industrielle du port pétrolier de Ras Lanouf, en Libye.
© REUTERS/Esam Omran Al-Fetori

En Libye, les troupes du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, ont annoncé ce mardi après-midi 14 mars, la reprise de deux sites pétroliers, après le lancement de l'opération « éclair écrasant ». Ces forces, composées pour leur majorité de membres de l'armée libyenne, mais qui sont renforcées par des milices et des mercenaires, ont chassé les Brigades de défense de Benghazi, une milice extrémiste, du croissant pétrolier. Les islamistes occupaient ces champs depuis onze jours.

Le porte-parole de l'armée de l'Est, dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, affirme que leurs forces ont chassé les milices islamistes regroupées sous le nom des Brigades de défense de Benghazi de tout le secteur du croissant pétrolier.

Le général Ahmad Al Mismari a déclaré : « Nous affirmons la maîtrise totale par l'armée libyenne du champ pétrolier de Ras Lanouf et de la partie habitée de la ville. Nous maîtrisons également le port pétrolier d'al-Sedra. Nos forces avancent actuellement vers la ville de Hawara, à 135 km à l'ouest d'al-Sedra. Elles poursuivent les membres de ces milices en fuite ».

Des habitants de Ras Lanouf et de Ben Jawad, deux villes du croissant pétrolier, joints par RFI, ont confirmé la reprise de cette zone par les forces du maréchal Haftar. Une grande quantité d'images et de vidéos tournées sur les lieux ont très vite envahi Internet.

Ce mardi matin, la situation était encore incertaine, les informations étaient contradictoires concernant la situation dans les deux champs pétroliers. Les Brigades de défense de Benghazi avaient nié être délogées de ces deux sites importants. Mais, depuis, ces brigades n'ont plus communiqué.

Le pétrole est à l'origine de plusieurs batailles entre différents protagonistes libyens à la conquête du pouvoir.

La rivalité ne fait que s'approfondir entre l'Est et l'Ouest libyen

La bataille du pétrole en Libye est une bataille incessante. Avant de pouvoir conquérir le croissant pétrolier, le 3 mars dernier, les Brigades de défense de Benghazi ont essayé, par trois fois, de déloger les forces du maréchal Khalifa Haftar, de ces lieux convoités. Ils y ont réussi lors de leur quatrième essai. Le gouvernement d'union nationale de Tripoli annonce alors que ces forces combattent en son nom.

Mais l'homme fort de l'Est libyen revient et promet, une fois de plus, de continuer jusqu'à Tripoli. Depuis qu’il a conquis la première fois, le 13 septembre dernier, le croissant pétrolier, il s’est fortement imposé sur la scène politique. Les Occidentaux ont alors réclamé, pour lui, une place convenable, dans le prochain amendement de l’accord politique interlibyen de Skhirat.

L'ayant exclu de toute participation au pouvoir, cet accord parrainé par l’ONU, poussait le maréchal à faire monter les enchères. Il a d'ailleurs annulé, à la dernière minute, une rencontre prévue entre lui et le Premier ministre Fayez el-Sarraj au Caire, le mois dernier.

El-Sarraj de son côté, en possédant, grâce aux milices islamistes, les champs pétroliers, cherchait à montrer que son gouvernement, très faible, est aussi capable d’agir sur le terrain.

Mais ce dernier renversement rebat à nouveau les cartes en Libye et cette nouvelle guerre du pétrole, voile à peine la rivalité qui ne fait que s'approfondir entre l'Est et l'Ouest libyen.