RCA: la restauration de l’autorité de l’Etat à Bambari en question

Un véhicule de la Minusca en patrouille dans la ville de Bambari (photo d'archives, août 2014).
© UN Photo/Catianne Tijerina

En République centrafricaine (RCA), le président Faustin-Archange Touadera s’est rendu dimanche 12 mars dans la ville pour annoncer que l’Etat était de retour à Bambari. La ville a été sous la coupe des groupes armés pendant plusieurs années. En dépit de l'annonce du chef de l'Etat, la remise en marche de la machine administrative et judiciaire va être laborieuse.

Le maire Abel Matchipata aura longtemps été l’une des rares autorités civiles à Bambari. « Compte tenu des violences au niveau de Bambari, les trois quarts des services de l’Etat ne fonctionnaient pas, et donc presque tous les fonctionnaires se sont retirés à Bangui. C’est lors de la visite de monsieur le président que ce personnel est revenu », a signalé le maire de Bambari avant de rappeler que « cela fait à peine une ou deux semaines que les groupes armés ont été invités à quitter la ville » et qu’il faut donc attendre un peu pour voir s’il y a un changement ou pas.

« C’est progressivement que les autorités vont chercher à s’affirmer sur le terrain », a tenu à souligner Abel Matchipata. Désormais, une trentaine de gendarmes ont été déployés mais ils ne sont pas encore pleinement opérationnels. Quatre magistrats, un juge d’instruction, un procureur, un greffier et le président du Tribunal de grande instance (TGI) sont également revenus, mais la reprise de leurs travaux s’annonce difficile.

« La police n’est pas là, la gendarmerie non plus. Il est difficile, pour les magistrats, de faire le travail convenablement. Ce ne sont pas les magistrats qui se déplacent sur le terrain, c’est la police judiciaire. Une trentaine de gendarmes ont été redéployés dans la ville mais ils sont encore sous contrôle de la Minusca. L’autre difficulté, c’est qu’entre les parties même, il y a des menaces de représailles dans les quartiers et que les parties ont donc peur de venir se plaindre à la justice », a, pour sa part, expliqué le président du Tribunal de grande instance de Bambari.

De plus, tous les bâtiments officiels sont loin d’être opérationnels. Le TGI siège à la Cour d’appel. Les magistrats logent à la gendarmerie, et les gendarmes au camp de la Minusca.

On est à la Cour d’appel de Bambari, qui abrite présentement le siège du TGI...
Reportage à la Cour d'appel de Bambari
14-03-2017 - Par Pierre Pinto