RCA: la Minusca garante d'un calme précaire à Ippy, occupée par des hommes armés

Un membre de l'ex-Seleka pose avec son arme à Bambari, en mai 2015.
© AFP PHOTO / PACOME PABANDJI

Le centre de la RCA connaît une accalmie relative après les violents combats qui ont opposé l’UPC et le FPRC, deux factions rivales des rebelles de l’ex-Seleka, pour le contrôle de la Ouaka. Il y a un mois, l’UPC cédait du terrain face à l’avancée du FPRC qui a pris, entre autres, Ippy, une ville qui constitue un verrou stratégique pour les belligérants et la force onusienne. La Minusca s’y est installée pour tenter d’atténuer les effets néfaste de la présence massive des groupes armés.

Ippy est une ville carrefour comme il y en a beaucoup en Centrafrique. Mais celle-ci a un intérêt majeur dans une région où la brousse est impénétrable pour les véhicules. La ville est la clé des routes vers Bria au nord-est, vers Bambari au sud, vers Bakala et les mines d’or de Ndassima à l’ouest.

Le 11 février, plus de 250 hommes et une dizaine de 4x4 du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) ont déferlé sur Ippy pour en déloger l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) lors de violents combats. On en ignore le bilan exact, mais ils ont coûté la vie à l’un des leaders des assaillants, Joseph Zoundéko, tué par un tir de roquette sur sa voiture.

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Un mois après, les hommes en armes du FPRC sont partout. Ils ont investi de nombreux bâtiments au cœur de la ville. Parmi les habitants, alliés de circonstances, les anti-balakas contrôlent eux les accès à Ippy.

La Minusca a renforcé sa présence. Elle a sa base dans l’ancienne gendarmerie, à moins de cent mètres de la plus grosse emprise rebelle. Les relations sont glaciales ; la Minusca peine à entamer le dialogue.

De toute façon, on est là, on essaye de cohabiter avec cette situation d'une façon ou d'une autre, et en même temps, d'exécuter notre mission : être l’œil de l'ONU à Ippy.
Ecoutez le reportage sur le travail de la Minusca à Ippy
16-03-2017 - Par Pierre Pinto

Quant à la population, selon le commandant des casques bleus, une moitié est pro-rebelle, l’autre est terrorisée. Deux cents personnes ont d’ailleurs été déplacées vers le sud depuis la chute d’Ippy.


■ UPC et FPRC se partagent le contrôle de la route Ippy-Bambari

Depuis plusieurs mois, la région de Bambari est le champ de bataille où s'affrontent l'UPC d'Ali Darass et le FPRC de Noureddine Adam. L'UPC a perdu du terrain, mais est toujours aux alentours de Bambari. Le FPRC s'est rapproché de Bambari qu'il compte toujours investir. Même si la situation s'est quelque peu stabilisée depuis le début du mois, les axes qui désservent Bambari sont particulièrement surveillés par la Minusca.

Samedi dernier, j'étais le chef du convoi, j'étais avec treize gros camions pour la Minusca, d'autres camions de commerçants. Mais si dans les convois, il y a des commerçants, ils veulent prendre des taxes sur les chauffeurs.
Reportage sur la route d'Ippy à Bambari
16-03-2017 - Par Pierre Pinto