RDC: le patron de l'ONU dans le pays s'est rendu à Kananga dans le Kasaï

Le siège de l'Unicef à Kananga, RDC, protégé par les casques bleus uruguayens. (photo d'illustration)
© RFI/Sonia Rolley

On est toujours sans nouvelles des deux experts des Nations unies disparus depuis dimanche 12 mars. Le directeur de la communication de la Mission des Nations unies au Congo l’a encore rappelé mercredi au cours de la conférence de presse hebdomadaire de la Monusco. Il a également confirmé que Maman Sidikou, le patron de l'ONU en RDC, s’était rendu lui-même au Kasaï central, à Kananga, à quelques dizaines de kilomètres du lieu de leur disparition. Une visite en toute discrétion pour apporter son soutien au personnel de l’ONU et donner des directives. Des forces spéciales tanzaniennes sont arrivées à Kananga en renfort des Casques bleus uruguayens. A Kananga, des tirs ont à nouveau été entendus mercredi.

D’abord il y a la méconnaissance du terrain. La Monusco s’était recentrée presque exclusivement sur l’Est depuis 2014. Quand la révolte Kamwina Nsapu a commencé en juillet 2016, les Nations unies n’avaient qu’une équipe restreinte sur le terrain, essentiellement l’Unicef. Le Kasaï était un havre de paix. La situation dégénère pourtant, après la mort du chef coutumier et au fil des mois l’insurrection s’étend.

Les Nations unies envoient des missions pour faire un état des lieux fin décembre-début janvier. Les premiers Casques bleus ne sont déployés dans le Kasaï central que début février et cantonnés à Kananga, le personnel civil n’a été renforcé que début mars. Le Kasaï central est un nouveau territoire pour la mission onusienne.

Les recherches se poursuivent

Hier mercredi 15 mars, les renforts, les forces spéciales tanzaniennes, sont arrivés dans les bagages du représentant spécial du secrétaire général Maman Sidikou. L’autre point c’est que le groupe auquel appartiennent les deux experts onusiens est un groupe indépendant, qui n’avait de comptes à rendre à personne, ni à la mission ni même au gouvernement congolais. Kinshasa a pourtant été le premier à communiquer sur cette situation.

Les patrouilles onusiennes, elles, n’ont rien donné et l’équipe d’enquêteurs des Nations unies n’est toujours pas arrivée sur le terrain. Même si depuis Kinshasa, Goma ou encore Kananga des efforts sont faits pour tenter de retrouver les deux experts. Plus de trois jours après leur disparition on est toujours sans nouvelles de Michaël Sharp et de Zaïda Catalán.

Tous les efforts sont en branle à tous les niveaux pour retrouver les deux experts
Maman Sidikou
16-03-2017 - Par Carol Valade