Kasaï Central en RDC: les négociations continuent sur fond d’«escarmouches»

Le vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary accueilli à Kananga à la descente de l'avion par le vice-gouverneur du Kasai Central, Justin Milonga.
© RFI / Sonia Rolley

En RDC, la province du Kasaï Central et sa région sont en proie depuis plus de 8 mois à une insurrection se revendiquant du chef coutumier Kamuina Nsapu. Des négociations sont en cours entre les autorités et les miliciens. Le vice-Premier ministre en charge de la Sécurité, Emmanuel Ramazani Shadary, est sur place depuis le début de la semaine accompagné d’une délégation de parlementaires et notables de la province. Cette délégation a formulé une série de recommandations, mais parallèlement à ces négociations politiques, les opérations militaires continuent.

Pour tenter de résoudre la crise au Kasaï, les autorités jouent sur plusieurs tableaux. D’abord, il y a le volet politique : une délégation menée par le vice-Premier ministre en charge de la sécurité est sur place depuis le début de la semaine et formule ce vendredi des recommandations.

Le député du Kasaï Central, Martin Kabuya (UDPS) en fait partie et développe ces recommandations. « Désigner de nouveaux animateurs pour la gestion politique et administrative de la province du Kasaï Central, finaliser le dialogue que nous avons entamer avec la famille régnante du grand chef Kamuina Nsapu, afin d'organiser ses obsèques, continuer à libérer les éléments arrêtés du fait du phénomène Kamuina Nsapu et, quatrième recommandation, il faudrait qu'on puisse délocaliser le service de sécurité localement ici », explique t-il à RFI

Interrogé sur des opérations militaires menées parallèlement à ces négociations, « je ne suis pas au courant de ces opérations-là », nous répond Martin Kabuya qui concède qu'il peut y avoir eu des « escarmouches ».

Pendant les négociations, les opérations militaires ne semblent pas, pour autant, suspendues. La traque des miliciens se poursuit en commune de Nganza, avec des opérations de fouille maison par maison et encore des allégations d’exécutions sommaires, selon un observateur des droits de l’homme. Des sources parlent d’au moins 35 morts dans le quartier de Muimba. L’ONU n’aurait qu'un accès limité au théâtre des opérations.