Dialogue en RDC: les négociations reprennent sur les mêmes désaccords

Les négociations sous l'égide de la Cenco ont repris jeudi 16 mars 2017.
© REUTERS/Thomas Mukoya

On est toujours loin d'un accord politique en RDC, mais au moins les négociations directes ont repris jeudi 16 mars au centre interdiocésain. Majorité, opposition et société civile étaient réunis autour des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). La dernière fois que c'était arrivé, c'était fin janvier, a rappelé son président dans son discours d'ouverture. Mais à la sortie, plus de désaccords que d'accord.

Les négociations ont donc repris jeudi, mais les désaccords demeurent et la situation n’évolue guère. Ce qui agace le vice-président de la Cenco, Monseigneur Fridolin Ambongo.

« On dirait une insensibilité face à la gravité du moment, une sorte d’inconscience, s’indigne-t-il. Notre pays est en train de vivre un moment critique avec tout ce qui se passe dans le Kasaï, les nouvelles qui nous parviennent de l’est. Et il suffit de se promener dans la ville de Kinshasa pour se rendre compte de la misère du peuple. Mais on dirait que c’est une classe politique qui vit dans un autre monde, qui ne voit pas ces réalités. »

Et l'évêque de fustiger les marchandages : « Si vous voyiez le contenu des discussions actuelles, plus personne ne parle des élections. Tout le monde parle de postes, et chacun pense aux intérêts qui seront les siens dès que le nouveau gouvernement sera là, donc c’est plutôt une sensibilité vers ce qui me revient à moi et à ma famille ou à mon groupe politique que l’intérêt supérieur de la nation », souligne-t-il.

Parmi les points d’achoppement, le mode de désignation du Premier ministre. La majorité présidentielle voulait que trois noms soient proposés au président Kabila, le Rassemblement de l'opposition souhaitait désigner un candidat unique. La solution qui se profile, c'est celle d'une rencontre entre le chef de l'Etat et son candidat Premier ministre.

« Nous avons déposé aujourd’hui une lettre signée par le président du Rassemblement Félix Tshisekedi pour demander audience auprès du président et nous attendons la réponse du chef de l’Etat pour que le président du Rassemblement le rencontre et parle avec lui de toutes les questions liées à l’accord, y compris la question du Premier ministre, affirme Christophe Lutundula. Dès lors que la majorité continue à insister sur la question, effectivement, c’est un point de blocage. Nous sommes ouverts. »

La tête du comité de suivi en question

Au moins un nouveau problème est par ailleurs posé par la majorité : celui de la succession d’Etienne Tshisekedi à la tête du futur comité de suivi de l’accord, le CNSA. Pour Adolphe Lumanu et la majorité qu’il représente, il faut reprendre les discussions sur ce point de l’accord.

C'était le président du Conseil des sages du Rassemblement, ce n'était pas nécessaire de mettre son nom dans l'accord. Quand vous conciliez l'esprit et la lettre, c'est à titre purement personnel qu'on avait confié ce poste à M. Etienne Tshisekedi.
Adolphe Lumanu
17-03-2017 - Par Sonia Rolley

L’accord prévoit que ce poste revient au président du Conseil des sages du Rassemblement. Et pour le Rassemblement, c’est donc au successeur d’Etienne Tshisekedi à ce poste, en l’occurrence Pierre Lumbi, qu’il revient de prendre la tête du CNSA.

Ce vendredi, les évêques réuniront autour de la table les membres du Rassemblement de l'opposition, un mouvement qui connaît des dissensions, pour écouter les uns et les autres.