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Ouganda

Ouganda: le porte-parole de la police abattu devant son domicile à Kampala

Les enquêteurs de la police ougandaise sur le lieu de l'attaque contre le porte-parole de la police, à Kampala, le 17 mars 2017.
© REUTERS/James Akena

Vive émotion à Kampala après le meurtre ce vendredi 17 mars au matin de Felix Kaweesi, l'inspecteur adjoint de la police, mais aussi le porte-parole de l'institution. Il a été commandant de la police dans la capitale, directeur des opérations de police et des ressources humaines. C'est l'un des policiers les plus importants d'Ouganda qui a été tué à quelques mètres de chez lui alors qu'il se mettait en route pour son travail. La police n'a pour l'instant pas fait de commentaire. Elle a seulement confirmé sa mort.

Plusieurs dizaines de voisins sont entassés derrière des rubans jaunes indiquant « scène de crime ». Quelques-uns sont en pleurs, d’autres visiblement encore très choqués. La voiture de Félix Kaweesi est arrêtée sur la piste en terre rouge qui mène à sa maison, les indicateurs clignotants de sa voiture de fonction sont toujours en marche. On peut voir plusieurs impacts de balles dans le pare-brise.

Les enquêteurs de la police scientifique, tout de blanc vêtus, ont placé de petits drapeaux colorés autour de ce qui pourrait être des preuves. Un témoin de la scène décrit deux hommes sur deux motos. Ils seraient venus au contact de la voiture de Félix Kaweesi. Ce témoin a vu ces deux hommes ouvrir le feu de manière précise et méthodique sur les occupants de la voiture, tuant Félix Kaweesi, son chauffeur et son garde du corps.

Ce chauffeur de taxi-moto préfère rester anonyme. « Ils savaient, ils venaient pour cet homme, rapporte-t-il. Peut-être que le chauffeur s'est rendu compte qu'il y avait un problème, il a essayé d'accélérer. Mais après, les motos sont passées devant la voiture et ont tiré dans les pneus. Puis ils ont commencé à tirer, c'était vraiment impressionnant. Ils le visaient. Pour moi ce sont des professionnels, et très bien entraînés. »

Un mode opération qui en rappelle d'autres

Le générateur du camion des experts ronronne sur la scène de crime. L'inspecteur général de la police assure que le mode opératoire est quelque chose de déjà vu. « Lorsque vous regardez le schéma, ce n'est pas le premier meurtre de ce type. Vous vous souvenez du meurtre du cheick en 2014. Bien sûr, nous avons arrêté tous les suspects. Mais c'est le même process que pour le meurtre du Major Kiggundu, le même. Je suis persuadé que cette barbarie a été organisée, c'est sûr », commente Kale Kayihura.

Autre assassinat que beaucoup ont en tête, celui de la juge Joan Kagezi en mars 2015. Elle était en charge du procès contre les shebabs auteurs de l'attentat à la bombe à Kampala en 2010.

Le général Tumukunde, le ministre de la Sécurité, a fait une brève apparition sur les lieux du crime. Il a assuré que ce meurtre présentait des spécificités qui semblent le signer, sans vouloir en dire plus.

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