[Reportage] RCA: à Bambari, le désarmement des groupes de rebelles

Un véhicule de la Minusca en patrouille dans la ville de Bambari (en août 2014).
© UN Photo/Catianne Tijerina

A Bambari depuis une semaine, il n'y a plus que les Casques bleus et les gendarmes centrafricains qui portent des armes. Les hommes armés ont disparu du paysage en ville. La Minusca a exigé il y a une semaine que les éléments de ces groupes rebelles ne portent plus d'armes et abandonnent les bâtiments qu'ils occupaient. Les chefs eux, ont été priés de quitter la ville il y a plusieurs semaines.

A 17 kilomètres de Bambari, dans un minuscule village sur la route de Bangui, les généraux Gaëtan et Tarzan, amis de fraîche date, regardent passer les heures à l'ombre d'un manguier. Comme Ali Darass avant eux, ils ont été fermement invités par la Minusca à quitter Bambari dans le cadre de la politique dite de « ville sans groupe armé». Gaëtan Boadé et ses anti-Balaka régnaient encore sur la rive droite de la ville. « J'ai mobilisé mes éléments pour qu'ils ne fassent pas de désordre dans la ville de Bambari. Ils y sont », explique-t-il.

Comme Gaëtan Boadé, le général Tarzan joue le jeu de la ville sans groupe armé. Cadre du mouvement RPRC, allié au FPRC, lui et ses quelques dizaines d'hommes ont dû se réfugier sur la rive droite quand la coalition et l'UPC sont entrés en guerre. « Avec le général Gaëtan, nous avons nos éléments dans la ville. La Minusca nous a demandé de rester sans tenue, sans armes et de nous confondre avec les civils », raconte-t-il.

Il y a une semaine, en effet, après avoir obtenu le départ des chefs de groupes armés, la Minusca a demandé que leurs éléments quittent les bâtiments qu'ils occupaient et ne portent plus d'armes en public. Pour Hassan Bouba Ali, coordinateur politique de l'UPC, le mouvement d'Ali Darass, ce n'est pas sans poser problème. « Maintenant, il y a deux cents personnes bien armées avec leurs armes et leurs explosifs dans les quartiers, dans une famille d'accueil, dans l'UPC, avec des enfants, des femmes, donc c'est très compliqué pour la vie à Bambari. Et maintenant, on a essayé avec la Minusca d'attribuer un programme de regroupement ou de cantonnement dans Bambari », raconte-t-il.

Si tous se sont pliés aux demandes des Nations unies, chacun avertit que si la guerre venait à Bambari, leurs éléments prendraient les armes à nouveau.