Afrique du Sud: la crise du versement des aides sociales évitée de peu

Dlamini Bathabile, la ministre du Développement social, en novembre 2016.
© Flickr / GCIS

La crise concernant le paiement d'aides sociales à plus de 17 millions de Sud-Africains a été évitée de justesse. Depuis plusieurs semaines, les bénéficiaires de ces aides attendent de savoir s'ils pourront toucher leurs allocations à la fin du mois, le contrat de la société chargée par l'Etat de leur versement ayant été jugé illégal par la justice. Vendredi 17 mars, la Cour constitutionnelle a tranché : la société va pouvoir continuer provisoirement. Mais la ministre du Développement social va devoir répondre de ce cafouillage.

Ce verdict est un véritable camouflet pour la ministre du Développement social, Dlamini Bathabile. Certes, la société chargée par le gouvernement de verser les allocations sociales - et dont le contrat a été jugé irrégulier - va continuer pendant un an, le temps de trouver un remplaçant. Mais la Cour constitutionnelle exige de pouvoir superviser le paiement de ces aides ainsi que l'attribution d'un nouveau contrat afin de s'assurer qu'il n'y a pas d'irrégularités.

Une claque pour la ministre Dlamini Bathabile, jugée incompétente par le juge Johan Froneman. Celui-ci déplore que le gouvernement ait abdiqué sa responsabilité envers 17 millions de Sud-Africains bénéficiaires de ces aides au profit d'une société privée.

Jacob Zuma désavoué

Politiquement, ce verdict est également une claque pour le président Jacob Zuma qui, jusqu'au bout, a soutenu sa ministre, refusant de la sanctionner, malgré les cafouillages et les soupçons de corruption.

D'ailleurs, son parti, le Congrès national africain (ANC) a rompu les rangs vendredi, se félicitant de ce verdict et appelant à l'ouverture d'une enquête sur cette ministre proche du chef de l'Etat.