Le Maroc à nouveau pointé du doigt pour sa politique envers les migrants

Le mur de barbelés qui sépare l'enclave espagnole Ceuta du Maroc.
© AFP PHOTO / JORGE GUERRERO

En pleine offensive diplomatique vers l’Afrique, le Maroc poursuit depuis décembre une politique de régularisation à destination des migrants clandestins. Selon les derniers chiffres officiels, plus de 18 000 demandes ont été déposées. Le Maroc est toutefois à nouveau pointé du doigt pour des reconduites à la frontière : une vingtaine d'associations de défense des migrants s'alarme du sort de plus de 40 personnes refoulées par les forces de l'ordre vers l'Algérie. Un communiqué commun de plus d'une vingtaine d'associations au Maroc, mais aussi de la Ligue algérienne des droits de l'homme, dénonce l'atteinte flagrante aux droits de l'homme des deux pays qui refusent d'admettre ces personnes sur leur territoire. Selon les ONG, deux groupes originaires d'Afrique subsaharienne subsistent depuis plus de 10 jours dans le no man's land séparant le Maroc et l'Algérie.

Quarante-deux personnes se trouveraient actuellement dans le no man's land de 51 km délimité par un mur de barbelés côté marocain, et d'un fossé côté Algérien. Selon les informations recueillies par les associations, ces migrants originaires du Cameroun, du Mali, du Sénégal ou encore de Côte d’Ivoire, ont été arrêtés dans la région de Tanger et Nador, puis transportés par bus au petit matin jusqu'au poste frontière de la ville d'Oujda.

Dans l'impossibilité de se procurer de l'eau potable et de la nourriture, ces personnes vivent - selon un responsable associatif contacté par RFI - dans des conditions très difficiles. Au moins trois d'entre eux auraient été gravement blessés lors de violences survenues lors de leur arrestation. Argent et papiers d'identité confisqués, au moins sept personnes ne sont plus en mesure de prouver qu’elles avaient demandé une carte de séjour dans le cadre de la nouvelle vague de régularisation entreprise par le Maroc.

Cela fait plus de 4 ans que le royaume chérifien n’avait plus opéré de refoulements massifs vers la frontière algérienne, en raison de l'adoption en 2013 d'une nouvelle politique migratoire se voulant respectueuse des droits humains.

Pour les associations, ces refoulements interviennent dans un contexte de durcissement des autorités marocaines à l'encontre des migrants. Début mars avait été annoncé le renforcement de la surveillance de la frontière avec l'enclave espagnole toute proche de Melilla, moins deux semaines après que 850 migrants clandestins soient parvenus à rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta.