Ghana: Akufo-Addo critiqué après la nomination d'un cabinet «éléphantesque»

Une première affaire de corruption a déjà entaché le début du mandat de Nana Akufo-Addo (photo: lors de son discours d'investiture, à Accra, le 7 janvier 2017).
© REUTERS/Luc Gnago

C’est un nouveau record : au Ghana, le Conseil des ministres est maintenant composé de 110 membres. Le président Nana Akufo-Addo est sous le feu des critiques après la nomination d'un cabinet que ses adversaires qualifient « d’éléphantesque ». L’éléphant est d’ailleurs le symbole de son parti, le Nouveau parti patriotique ou NPP. Vendredi soir 17 mars, Nana Akufo-Addo s'est justifié à la télévision nationale, affirmant qu'il s'agissait d'un « investissement nécessaire » pour redresser le pays.

C’est plus qu’aux Etats-Unis, en Inde ou en Chine : le cabinet au Ghana compte, depuis mercredi 15 mars, 110 membres, comprenant les secrétaires d’Etat et dix ministres représentant chacun une des dix régions du Ghana.

A la télévision, le président a dit comprendre la préoccupation des Ghanéens qui craignent que ce super Conseil des ministres coûte très cher. Nana Akufo-Addo a tenté de les rassurer, en rappelant que la moitié des ministres était déjà députés. En clair, qu’ils ne toucheront qu’un salaire un peu plus élevé.

Pour Lolan Sagoe Moses de l’ONG Odekro, c’est un peu court. « Les ministres ont droit à des indemnités, dit-il. Ils reçoivent un véhicule, du carburant. L’Etat met à la disposition de plusieurs d’entre eux un logement de fonction, du personnel de maison. Augmenter le nombre de ministres augmente toujours les dépenses publiques. »

Et d'ajouter : « On n’a jamais vu ça ! Sous le précédent gouvernement, il y avait 84 ministres. C’était déjà un chiffre record. Aucun autre gouvernement n’en avait jamais eu autant ! Et nous nous retrouvons maintenant avec le nombre le plus élevé de toute notre histoire, ce qu’une majorité de Ghanéens trouve scandaleux. Nous nous demandons pourquoi le président a choisi d’en nommer autant. Il prétend que le gouvernement a plus de travail à faire et qu’il a donc besoin de bras en plus. Mais je doute que la plupart des gens y croient. D’autant plus que, dans bien des cas, les portefeuilles ministériels se chevauchent. Sans parler des doublons. Par exemple, il y a un ministre chargé des Marchés publics, mais nous avons déjà une autorité des marchés publics. Il y a trois ministres adjoints des Finances ! Comment vont-ils se répartir le travail ? C’est loin d’être clair. »

Une première affaire de corruption a déjà entaché le début du mandat de Nana Akufo-Addo. Des députés ont réclamé l'ouverture d'une enquête sur des allégations de tentative de corruption visant le ministre de l'Energie. Il aurait tenté de soudoyer des membres du comité parlementaire chargé d'examiner sa nomination.