Mauritanie: rejet du projet de révision constitutionnelle

S'il veut vraiment faire adopter la réforme qui prévoit également une modification du drapeau national, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz est obligé d'organiser un référendum. .
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C’est un revers pour le pouvoir mauritanien : les sénateurs ont rejeté le projet de révision de la Constitution qui prévoyait notamment la suppression du Sénat. Or, pour être validé, le texte devait être voté par les deux chambres du Parlement.

Le Sénat a beau être largement dominé par la majorité, rien n'y a fait : 33 élus sur 56 ont rejeté le texte qui était passé une semaine plus tôt sans aucun problème à l'Assemblée nationale.

L'opposition s'en réjouit, comme l'explique l'ancien Premier ministre, Yahya ould Ahmed el Waqf, son parti est membre du rassemblement FNDU : « C’est une surprise pour le peuple mauritanien dans sa globalité parce qu’il n’est pas habitué malheureusement à ce que des chambres comme le Sénat refusent des projets de lois proposés par le gouvernement. On espère que c’est une ère nouvelle, désormais, dans laquelle nos élus peuvent s’exprimer librement et non pas sous la contrainte du pouvoir. »

Car l'opposition dénonçait des pressions ces derniers jours. Le président avait reçu les sénateurs les plus hostiles au projet pour essayer de les convaincre. Son objectif : remplacer le Sénat par des conseils régionaux, élus au suffrage universel.

L'argument n'a pas été entendu. Maintenant, s'il veut vraiment faire adopter la réforme qui prévoit également une modification du drapeau national ou encore la suppression de la Haute cour de justice et du médiateur de la République, le président mauritanien est obligé d'organiser un référendum.