Djibouti: interpellation d'un militant des droits humains

Une rue de Djibouti (photo d'illustration).
© Wikimedia Creative Commons/CC BY 3.0

Un membre de la Ligue djiboutienne des droits humains a été arrêté hier. Omar Ali Ewado a été interpellé par les services de sécurité devant chez lui, dimanche 19 mars en début de soirée. Ses proches ne savent pas où il se trouve.

La famille d’Omar Ali Ewado a passé la soirée à faire le tour des centres des services de sécurité. Sans succès : impossible de savoir où est détenu ce membre de la Ligue djiboutienne des droits humains.

Il a été emmené hier soir alors qu’il sortait de chez lui pour la prière. Sa fille Goumati Omar Ali était avec lui : « Quand il est sorti de la maison, une voiture occupée par quatre personnes s’est arrêtée devant lui, et ils l’ont emmené. Quand on a insisté pour monter avec lui, ils ont dit "c’est comme on veut, il n’y a pas de mandat d’arrêt et il est obligatoire qu’il vienne". »

Pas d'explications

Pas d’explications, pas plus qu’il y a deux semaines quand Omar Ali Ewado s’est vu signifier son renvoi de l’Education nationale. Mahdi Samireh Sougueh, l’un des vice-présidents de la Ligue des droits humains, attend toujours des explications officielles : « Nous n’avons pas reçu d’informations détaillées, mais la directrice de l’école lui a confirmé qu’il a été licencié et que son salaire a été suspendu. Il y a une pression de la part du régime. Récemment, je crois qu’il y a une semaine, notre président avait rédigé un communiqué de presse disant qu’il y avait un jeune homme du lycée qui avait été arrêté par le service du renseignement. Je crois qu’il a été arrêté pour ces raisons. »

Pour ses proches, le renvoi d’Omar Ali Ewado et maintenant son arrestation sont motivés par la même volonté : le faire taire.